Européennes 2024 : l’Europe sociale peut-elle sortir du silence ?

Existe-t-il encore un peu de bande passante, dans la campagne pour les élections européennes de juin prochain, pour débattre des enjeux liés à « l’Europe sociale » ? Rien n’est moins évident, compte tenu de la focalisation des opinions publiques sur les enjeux liés à l’invasion de l'Ukraine et, dans une moindre mesure, sur les sujets liés à l’immigration. Pourtant, depuis les précédentes élections européennes de 2019, beaucoup a été fait en matière de politiques sociales par l’Union, bien qu’il s’agisse d’une compétence qui reste l’apanage des États membres. Le traité de Lisbonne de 2007 précise, en effet, que les actions de l’Europe en la matière ne peuvent être que des mesures d’encouragement et de coordination qui revêtent un caractère complémentaire : « elles servent à renforcer la coopération […] et non pas à harmoniser des systèmes nationaux. »

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Concrètement, du fait des impacts sociaux du Covid-19 et de la persistance d’un chômage structurel autour de 6 %, l’Europe a beaucoup légiféré ces 5 dernières années sur le travail et l’emploi : directive sur les travailleurs détachés évitant une concurrence sociale au sein de l’Union, directive sur le « salaire minimum équitable » permettant un niveau de vie décent dans chaque pays, meilleure transparence sur les salaires dans les entreprises de plus de 100 salariés, renforcement de la protectio...


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