Européennes: à 9 jours du scrutin, le grand favori Bardella ciblé de toutes parts

Jordan Bardella, président du RN et tête de liste aux élections européennes, pose pour un selfie avec un partisan lors d'une visite de campagne dans un marché en plein air de la ville de Sainte-Maxime, le 31 mai 2024 (Nicolas TUCAT)
Jordan Bardella, président du RN et tête de liste aux élections européennes, pose pour un selfie avec un partisan lors d'une visite de campagne dans un marché en plein air de la ville de Sainte-Maxime, le 31 mai 2024 (Nicolas TUCAT)

Toujours très loin devant ses concurrents dans les sondages, la tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes Jordan Bardella concentre les critiques de ses adversaires à neuf jours du scrutin, mais le parti d'extrême droite ne se prive pas de rendre les coups.

Haro sur le RN. A droite comme à gauche ou dans la majorité, les rivaux de M. Bardella tentent d'enrayer sa progression continue dans les sondages qui lui prédisent désormais 33% voire 34% des intentions de vote le 9 juin.

Une hégémonie qui menace en premier lieu Les Républicains, donnés à seulement 7-8%. "Je vois beaucoup de gens qui disent +on veut imposer une sanction à Emmanuel Macron, on va voter pour Jordan Bardella", a relevé sur RTL la tête de liste LR François-Xavier Bellamy.

Pour renverser le sort, il s'en est donc pris au bilan du RN qui "a déjà gagné" les précédentes élections en 2014 et en 2019. "Au Parlement européen, on les a déjà essayés" et "ils n'ont rien fait, en dix ans ils n'ont pas déplacé une virgule dans un seul texte européen", a-t-il martelé.

Au contraire, Les Républicains ont été "les premiers opposants au macronisme" à Bruxelles, preuve que "le vrai contre-pouvoir se trouve dans nos mains, pas au RN", a-t-il ajouté.

"Parce que François-Xavier Bellamy a fait bouger une virgule?", a répliqué dans la foulée Sébastien Chenu sur CNews, mettant au défi les députés LR de voter la motion de censure qu'il défendra lundi à l'Assemblée contre le gouvernement de Gabriel Attal.

"Que les dirigeants de LR arrêtent de trahir leurs électeurs et d'être la béquille d'Emmanuel Macron", a lancé le vice-président du RN, et "au lieu de donner des leçons, qu'ils aient du courage, ils ont l'occasion de le faire".

Côté majorité, un ministre considère qu'Emmanuel Macron a "parfaitement raison de mener ce combat" contre le RN car la France risque d'être "le principal pays pourvoyeur de députés d'extrême droite au Parlement européen".

Le président a d'ailleurs demandé vendredi lors du conseil des ministres "une mobilisation sans retenue" dans la campagne, selon la même source.

Le débat entre Jordan Bardella et le Premier ministre Gabriel Attal "a montré à un certain électorat qui a besoin de solidité, que Bardella ne cochait pas les cases", ajoute un député Renaissance.

- "En désespoir de cause" -

D'autres lorgnent aussi le vivier des électeurs du Rassemblement national, notamment l'autre candidate d'extrême droite Marion Maréchal, qui stagne juste au-dessus du seuil fatidique des 5% nécessaires pour envoyer des élus au Parlement européen.

"Je vois bien qu'il y a des hésitants entre le RN et nous", a déclaré la tête de liste Reconquête! sur franceinfo, insistant sur l'avance confortable d'un Jordan Bardella "sûr d'être élu et a priori avec beaucoup d'élus derrière lui". Mieux vaudrait donc envoyer Mme Maréchal et ses soutiens à Bruxelles "plutôt que d'avoir un 31e député RN", a-t-elle ajouté.

Même stratégie à l'opposé de l'échiquier politique où le communiste Léon Deffontaines a expliqué sur France 2 vouloir s'adresser "aux électeurs de gauche, aux abstentionnistes, mais aussi aux électeurs du RN".

Des citoyens qui "votent en désespoir de cause", selon lui. Il entend aussi "beaucoup de gens dire +on n'a jamais essayé Jordan Bardella+". Un adversaire dont il a de nouveau dénoncé les "contradictions", l'accusant d'être "un faussaire de la question sociale".

La tête de liste de la France insoumise, Manon Aubry, privilégie un autre angle d'attaque contre son adversaire RN, élu comme elle à Bruxelles depuis cinq ans: "Jordan Bardella, c'est un député fantôme", a-t-elle asséné sur BFMTV et RMC, chiffres à l'appui de leurs amendements respectifs déposés au Parlement européen.

Critiques balayées par M. Chenu, qui a renvoyé le parti de gauche radicale et sa candidate à leurs positions sur le conflit entre Israël et le Hamas. "Ils n'en n'ont strictement rien à faire des habitants de Gaza", a-t-il affirmé, estimant que "LFI appelle au soulèvement, au conflit permanent sur tous les sujets et cherche a faire le buzz (...) pour essayer de grappiller les voix des banlieues".

gbh/sde/or/fan