Désordre politique et climatique au Parlement européen

Les voitures neuves avec un moteur thermique ne seront plus en vente à partir de 2035. Le Parlement européen a approuvé mercredi l'un des textes du paquet climat, qui prévoit de réduire de 55 % d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre.

Mais plutôt dans la journée, les eurodéputés ont rejeté dans une atmosphère chaotique la réforme du marché du carbone, l'un des piliers de la stratégie climatique de l'UE. Les principaux groupes politiques ont accusé chacun d'avoir fait alliance avec l'extrême droite.

"C'est une réalité que dans cette assemblée, les socialistes, les verts et la gauche ont voté ensemble avec l'extrême droite contre la proposition de la majorité du Parlement", souligne le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber.

L’accusation est retournée par l’élue de la gauche radicale Manon Aubry.

"Qui, Messieurs du PPE, a voté avec l’extrême droite, qui a voté avec l'extrême droite pour donner du pouvoir aux lobbies et repousser la fin des quotas gratuits ? Qui aujourd'hui est responsable du reniement en matière climatique. C'est bien vous", répond la parlementaire française.

Ce résultat a surpris dans l'hémicycle, d'où les échanges houleux entre les parlementaires. Les sociaux-démocrates, les écologistes et la gauche radicale ont rejeté la proposition estimant qu'une série d'amendements édulcorait le texte original.

"Nous sommes prêts à faire beaucoup de compromis, mais si vous réduisez les ambitions de la Commission qui sont en ligne avec le Pacte vert et la loi climat, nous ne soutiendrons pas cette proposition", insiste Kathleen van Brempt (S&D).

Ce texte et deux autres dossiers législatifs sont renvoyés à de nouvelles négociations entre les groupes politiques, ce qui provoque la colère de la droite européenne.

"La position des socialistes est incroyable. Lorsqu'ils perdent ils décident de mettre un terme à la réforme", s’agace l’ancien président du Parlement européen Antonio Tajani (PPE).

Les discussions vont donc reprendre dans l'hémicycle pour arracher un nouveau compromis. Ces votes doivent fixer la position du Parlement avant de négocier avec les Etats membres.

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