Des eurodéputés réclament la démission de Borrell après le «fiasco» de sa visite à Moscou

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Lors d'un débat lundi 8 février au Parlement européen, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a recommandé l'adoption de nouvelles sanctions, après l'affront qu'il a subi pendant sa visite à Moscou. Il a également annoncé son intention de faire des propositions sur cette ligne aux États-membres. Mais désormais de nombreux eurodéputés réclament la démission du commissaire, face à l’« erreur grossière » de ce déplacement.

Avec notre correspondante à Bruxelles, Joana Hostein

Dans l’hémicycle, il n'y a guère que l'extrême-droite et quelques députés de son propre camp pour défendre le déplacement de l’Espagnol Josep Borell en Russie. La grande majorité dénonce « une erreur grossière » et « un manque de clairvoyance » alors qu'Alexeï Navalny est en prison, et des opposants politiques arrêtés par milliers.

« Il y a un dicton populaire russe qui a beaucoup été entendu à Moscou ce week-end, M. Borrell, qui peut être traduit par "qui trop s’empresse risque de se faire moquer", a alors lancé Frédérique Ries, eurodéputée belge du groupe Renew. Franchement, c’est difficile de se dire autre chose aujourd’hui, le fiasco était annoncé partout. »

Quelques 80 eurodéputés d'Europe centrale et de l'Est vont plus loin et demandent la démission du chef de la diplomatie européenne.

« Sergueï Lavrov joue au hockey sur glace et [Josep] Borrell a fait du patinage artistique : il a juste été sur place pour dialoguer, résume Riho Terras, eurodéputé estonien à l'origine de l’initiative. La Russie ne comprend pas le dialogue ou la manière douce. La Russie ne comprend que la manière forte. Si c'est une personne décente, alors il doit démissionner. »

Ces députés demandent de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou. Josep Borrell en a défendu le principe et a promis que le sujet serait débattu lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, le 22 février prochain.