Des eurodéputés menés par Raphaël Glucksmann en visite à Taïwan, malgré l'opposition de Pékin

·3 min de lecture
Raphaël Glucksmann rencontre la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, le 4 novembre. - STR - AFP PHOTO / CNA PHOTO
Raphaël Glucksmann rencontre la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, le 4 novembre. - STR - AFP PHOTO / CNA PHOTO

"Nous sommes venus ici avec un message très simple et très clair: vous n'êtes pas seuls". Voici les mots prononcés par Raphaël Glucksmann à la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen lors d'une rencontre à Taipei ce jeudi. En plein contexte de regain de tensions entre le Chine et Taïwan, l'eurodéputé français est à la tête d'une délégation du Parlement européen sur l'île. Une première.

Cette visite de trois jours est la première représentation "officielle" du Parlement européen à Taïwan. Elle a néanmoins été froidement accueillie par Pékin, qui revendique une souveraineté totale sur ce qu'elle considère comme une province chinoise. Depuis plusieurs semaines, la Chine met la pression sur Taipei pour l'isoler sur la scène internationale et enrayer toute tentative d'émancipation de ce territoire.

"Trésor"

La démocratie taïwanaise est "trésor que tous les démocrates dans le monde devraient chérir et protéger", a déclaré Raphaël Glucksmann durant la visite. Sa délégation émane de la commission INGE, qui lutte contre les ingérences étrangères, et vise clairement à affirmer un soutien à Taipei dans son conflit avec la Chine. Le Parlement européen a choisi un camp.

"L'Europe est à vos côtés, à vos côtés pour défendre la liberté, l'État de droit et la dignité humaine", a martelé l'eurodéputé devant Tsai Ing-wen.

Si l'entente entre les États-Unis et Taïwan est ancienne et de plus en plus affirmée, l'île n'a pas vraiment de liens diplomatiques forts avec l'Europe. En octobre, le Parlement européen a voté une résolution visant justement à approfondir ces liens. Cette visite en est la première pierre.

Opposition de Pékin

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé son "fort mécontentement et son opposition ferme" à la visite de la délégation. Les parlementaires européens "doivent comprendre pleinement la complexité et la sensibilité de la question de Taïwan, respecter l'engagement de l'Union européenne envers le principe d'une seule Chine et préserver la base politique du développement des relations Chine-UE".

Raphaël Glucksmann n'en est néanmoins pas à sa première passe d'armes avec les autorités chinoises. En mars, l'eurodéputé a été placé sur liste noire par Pékin, accusé de "porter gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine et de propager des mensonges et de la désinformation". En cause, sa forte mobilisation pour défendre la cause des Ouïghours contre les persécutions dont ils sont victimes dans la région chinoise du Xinjiang.

Une visite officielle au gouvernement de Taipei est vue par la Chine comme la reconnaissance de l'autonomie de Taïwan et comme un affront à l'indivisibilité de la nation. Au début du mois d'octobre, une délégation de quatre sénateurs français conduite par l'ancien ministre de la Défense Alain Richard s'était également rendu à Taïwan pour rencontrer la présidente.

À cette occasion, le parlementaire français avait qualifié l'île de "pays". De la même manière, les autorités chinoises avait alors fait part de leur profond mécontentement, avertissant que ces pratiques portaient atteinte aux intérêts chinois ainsi qu'aux relations franco-chinoises.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles