Euro: Londres s'échauffe pour la bouillante finale Italie-Angleterre

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Dans les rues, les pubs ou devant Wembley, la température a grimpé de plusieurs degrés dimanche à Londres pour la finale de l'Euro (21h00), où les supporters brûlent de voir l'Angleterre sacrée, un demi-siècle après, face à des Italiens déterminés à jouer les trouble-fête.

Sans grand respect des gestes barrières, l'ambiance était survoltée devant l'enceinte mythique du nord-ouest de la capitale britannique, avec des chants entonnés par des fans vêtus de maillots, drapeaux et chapeaux aux couleurs de la sélection des "Three Lions". Les débris de verre étaient nombreux au sol et des bouteilles en plastique, parfois en partie remplies, volaient dans les airs.

Deux heures avant le coup d'envoi, des tifosi avaient déjà pris place dans le virage qui leur est réservé. Selon des chiffres fournis dimanche par l'UEFA, 67.500 spectateurs étaient attendus pour cette finale, dont 7.500 supporters italiens et des personnalités comme le prince Williams, David Beckham, le légendaire attaquant anglais Geoff Hurst, l'acteur Tom Cruise et la mannequin Kate Moss.

Pour ce jour historique en Angleterre, où la sélection espère décrocher un premier trophée depuis cinquante-cinq ans, la presse s'est déchaînée: "La fierté de l'Angleterre", a titré le Sunday People sur sa Une où apparaissent le sélectionneur Gareth Southgate, ses joueurs et un lion rugissant.

Des écoles à travers le pays ont même annoncé qu'elles tolèreraient une arrivée plus tardive des enfants lundi, pour leur laisser le plaisir de voir le match.

- Variant Delta -

Dans un pays rattrapé par le variant Delta du coronavirus, les Anglais vivent une parenthèse sportive enchantée que certains espéraient prolonger dans la nuit londonienne, sans forcément se préoccuper des impératifs sanitaires, malgré les mises en garde des autorités.

"Je demande instamment aux gens de ne pas se rassembler en grand nombre", a martelé dans un communiqué le commissaire adjoint Laurence Taylor, de la police de Londres.

En Italie aussi, le bel Euro des "Azzurri" a fait ressurgir le doux parfum des "Nuits magiques", ces soirées du Mondial-1990 à domicile restées dans la mémoire collective.

Impossible de prédire sur quelles joues couleront les larmes de joie et de tristesse, tant l'issue du sommet apparaît incertaine.

Ce qui est sûr, c'est que l'Angleterre sera poussée à Wembley par une armée surchauffée de plusieurs milliers de voix, prêtes à s'époumonner sur les tubes "Football is Coming Home" ("Le football revient à la maison") ou "Sweet Caroline".

"Wembley peut faire peur à tout le monde, sauf à nous, les Italiens. Dans les difficultés, quand tout le monde est contre nous, nous sommes plus forts", a lancé le champion du monde 2006 Marco Materrazzi, en mode gladiateur dans la Gazzetta dello Sport.

Pourtant, il sera difficile de faire plus de bruit que la marée rouge et blanche de l'Angleterre, prête à chavirer pour une sélection sevrée de titre depuis le Mondial-1966 remporté contre l'Allemagne, déjà à Wembley.

Gareth Southgate n'était pas né à l'époque et n'a donc jamais célébré le moindre titre anglais. Les "Three Lions" n'ont même jamais atteint de finale continentale et il est bien placé pour le savoir, après son tir au but raté en demi-finale de l'Euro-1996 à domicile.

Depuis la fin du premier tour, "on a eu l'opportunité d'écrire une page d'histoire à chaque match, a-t-il déclaré samedi. "On est impatients, c'est un match génial à préparer face à un adversaire brillant, techniquement très bon, très organisé".

- "Ça fait si longtemps" -

"Ça sera une nuit fantastique si l'Angleterre gagne, ça fait si longtemps", s'est extasié David Durant, retraité anglais de 74 ans, rencontré par l'AFP aux abords de Wembley plusieurs heures avant le coup d'envoi.

Redevenue séduisante après des années noires, l'Italie espère aussi garnir son armoire à trophées, quinze ans après son succès à la Coupe du monde de 2006 et neuf ans après l'échec en finale de l'Euro-2012.

Roberto Mancini a remis les Azzurri sur les rails de la victoire en préservant une défense solide avec le duo Bonucci-Chiellini et en bâtissant une équipe joueuse qui se présente à Wembley avec une invincibilité s'étirant sur 33 matches.

En face, l'Angleterre pourra compter sur la défense de fer incarnée par John Stones et Harry Maguire, son milieu accrocheur avec Kalvin Phillips et Mason Mount, son attaque redoutable avec Raheem Sterling et Kane.

Chiellini prévient: "Heureusement, c'est un sport d'équipe: l'important n'est pas que Bonucci ou Chiellini gagne contre Kane ou Sterling, mais que l'Italie gagne contre l'Angleterre". Les Anglais espèrent le résultat inverse, au bout d'une soirée qui s'annonce comme une des plus longues et éprouvantes de leur existence.

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