Euro féminin: le discret Gerhardsson veut faire briller les Suédoises

Seul sélectionneur homme encore en course dans les demi-finales de l'Euro féminin de football, le discret coach suédois, Peter Gerhardsson veut avant tout faire briller ses joueuses, qui défieront l'Angleterre, mardi, à Sheffield (21h00).

A son arrivée sur le banc des jaunes et bleues, en 2017, la Suède semblait sur une spirale descendante après avoir quitté le top 10 mondial pour la première fois de son histoire.

Il avait succédé à Pia Sundhage, une légende du football suédois puisqu'elle avait terminé meilleure buteuse et meilleure joueuse du tout premier Euro, en 1984, qui reste à ce jour leur seul trophée majeur hommes et femmes confondus.

Médaillée d'or aux JO-2008 et 2012 et finaliste du Mondial-2011 comme coach des USA, elle n'avait pas connu le même succès en Suède, éliminée en demie de "son" Euro, en 2013 et en quart, il y a cinq ans, ce qui avait précipité son départ.

Personnalité médiatique et invitée régulière des plateaux télé, Sundhage était à l'opposé de ce qu'est Gerhardsson qui ne recherche pas la lumière et la célébrité.

"Je traque constamment la perfection et ce serait évidemment d'arriver au sommet. Mais ce qui me rendrait encore plus heureux, c'est de voir les joueuses heureuses, remporter l'or... J'en retirerais bien plus" de satisfaction, avait assuré le coach de 62 ans au journal Dagens Nyheter, en juin.

Depuis qu'il est en poste, son principal objectif a été de rester autant que possible dans l'ombre.

"Je veux que les joueuses soient celles qui sont le centre de l'attention", avait-il expliqué.

- "Expert en changement d'avis" -

Avec une médaille de bronze au dernier Mondial et d'argent aux JO de Tokyo, elles sont en tout cas redevenues des candidates déclarées au titre dans toutes les compétitions et pointent juste derrière les Etats-Unis au classement Fifa.

"Pia Sundhage a permis au football féminin de s'élever, Peter Gerhardsson a permis à la sélection nationale de se relever", avait joliment résumé le chroniqueur sportif du Svenska Dagbladet, Anders Lindblad juste avant un match amical, en juin, contre le Brésil où officie désormais Sundhage.

Devant 33.000 personnes réunies dans la Friends Arena de Stockholm, un record, la Suède avait surclassé les Brésiliennes 3-1.

Avant de prendre en main la sélection, Gerhardsson, qui a notamment joué à Hammarby, entraînait BK Häcken, un club de Göteborg, qu'il avait emmené à la victoire en Coupe de Suède en 2016.

Coach très apprécié, il aime cultiver face aux médias une image de perfectionniste un tantinet nonchalant.

"Je suis un expert en changement d'avis", leur avait-il expliqué avant le premier match de poule contre les tenantes du titre néerlandaises (1-1).

Interrogé pour savoir s'il avait tranché entre une défense à trois ou à quatre, il avait répondu d'un petit oui hésitant, ajoutant immédiatement qu'il lui était déjà arrivé de changer d'avis juste avant un match.

"Je pense que j'ai pris ma décision, mais je ne me fais pas confiance", avait-il ajouté, expliquant que ses adjoints pouvaient encore faire basculer les choses et, qu'à tout prendre, cela permettait de laisser le futur adversaire dans le brouillard.

Mais, mardi, il n'y aura plus d'hésitations possible si la Suède veut franchir l'obstacle anglais et rêver à l'or.

jll-hap/jde

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