Euro-féminin 2022 : Melvine Malard, un joker en or pour les Bleues

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© Oli Scarff, AFP
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En l'absence de Marie-Antoinette Katoto qui a quitté l'Euro en raison d'une grave blessure, la pression était grande sur les épaules de sa doublure Melvine Malard lors de la rencontre contre l'Islande. Mais la jeune attaquante lyonnaise a confirmé les espoirs placés en elle en marquant notamment le but le plus rapide de cet Euro anglais.

Melvine Malard n'a pas manqué sa titularisation. Positionnée à la pointe de l'attaque des Bleues après le forfait de la blessée Marie-Antoinette Katoto, la révélation lyonnaise de l'année a frappé un grand coup, lundi 18 juillet, face à l'Islande lors du dernier match de la phase de poules.

Après 43 secondes seulement, la joueuse de 22 ans a fait trembler les filets, inscrivant le but le plus rapide de cet Euro anglais et devenant, au passage, la plus jeune buteuse française de l'histoire dans cette compétition. La droitière a donné un aperçu de ses qualités d'entrée : une remise subtile derrière la jambe d'appui pour Clara Mateo, une course vers l'axe et une frappe du gauche sur un service de la joueuse du Paris FC.

Sa célébration pour Marie-Antoinette Katoto, l'attaquante vedette de la sélection, qu'elle a la lourde tâche de remplacer, a prolongé ses débuts parfaits. "Marie-Antoinette Katoto nous manque fort. Je voulais marquer ce soir, et faire une dédicace à Marie. Elle est là pour nous, on est là pour elle", a-t-elle réagi après avoir reçu le trophée de joueuse du match.

Le forfait de l'avant-centre parisienne a propulsé sous les projecteurs l'attaquante de 22 ans (5 buts en 16 sélections), une droitière placée sur l'aile gauche à l'Olympique lyonnais (OL). Chez les Bleues, elle a été utilisée comme avant-centre par la sélectionneuse Corinne Diacre, séduite par une joueuse qui "ne calcule pas ses efforts".

De la Réunion à Lyon

Des efforts, il lui en a fallu pour quitter son île natale et le Saint-Denis FC, son club formateur, et rejoindre l'OL à 14 ans, loin de sa mère, de sa grande sœur et de son petit frère.

"La faire venir en Métropole a été un changement radical pour elle au niveau de la culture et de la mentalité. Ce n'était pas évident sans sa famille. Parfois elle pleurait, il faisait froid. C'était déstabilisant pour moi", expliquait Sonia Bompastor, alors responsable de la formation de l'OL féminin, en septembre 2020.

L'actuelle coach des "Fenottes" l'a repérée à l'occasion d'un tournoi inter-ligues disputé avec l'équipe de l'île de la Réunion à Clairefontaine. "Elle est venue me voir pour avoir le contact de mes parents. Une semaine plus tard, au moment de revenir à la Réunion, ma mère reçoit un coup de fil qui me demande de venir à l'OL. J'ai deux mois pour réfléchir. J'ai pris la décision en deux jours. Je me suis dit 'l'Olympique Lyonnais, il y a Wendie Renard là-bas…'. Oui, bien sûr, oui. J'ai 14 ans, je ne me suis pas posé de question", avait raconté Melvine Malard pour OL Play en 2021.

L'adolescente intègre alors la section sportive de Saint-Louis-Saint-Bruno, un établissement scolaire de Lyon, d'abord en internat, avant de loger chez une grande cousine. "La difficulté que j'avais avec l'internat, c'est qu'ils prenaient les téléphones le soir. Mais j'avais besoin d'appeler ma mère, ma famille, donc c'était impossible pour moi", racontait la joueuse à l'AFP au moment de sa première convocation.

À Lyon, sa capitaine et "grande sœur" Wendie Renard la prend sous son aile, mais la concurrence l'oblige à s'exiler en prêt à Fleury, en région parisienne, durant la saison 2019-2020 pour gagner du temps de jeu. Un déclic pour la triple championne d'Europe avec l'OL.

"Une joueuse d'instinct"

"Elle a énormément progressé ces deux dernières années", que ce soit "sur le plan technique" et dans "sa capacité à être un point d'appui, comme le fait Marie", remarque Gilles Eyquem, ancien sélectionneur des U19 avec qui Malard a remporté l'Euro de la catégorie en 2019. Elle ne le fait pas "avec autant de prestance" que Katoto, véritable n°9, mais elle apporte "un peu plus de fantaisie peut-être", dit-il, persuadée que la France a trouvé sa remplaçante.

Malard "est capable de garder le ballon dos au but, d'orienter le jeu, de prendre la profondeur", a relevé lundi Renard, qui décrit sa jeune coéquipière comme "une joueuse d'instinct", de plus en plus "régulière" dans ses performances. Sa marge de progression ? "Il faut qu'elle soit 'tueuse', plus agressive devant le but. Melvine c'est vraiment le football-plaisir, il faudrait qu'elle pense plus à son efficacité même si j'ai vu qu'elle était en progrès de ce côté-là", pointe Eyquem.

Pour preuve, comme le rappelle So Foot, lors de la saison 2020-2021, le coach lyonnais Jean-Luc Vasseur n'hésite pas à lui faire confiance après les blessures des titulaires Ada Hegerberg et Eugénie Le Sommer. La jeune joueuse en profite et inscrit 11 buts en 22 matchs, toutes compétitions confondues. À seulement 22 ans, elle a déjà remporté quatre Ligues des champions et deux titres de championnes de France avec son club.

En sélection, Melvine Malard brille également. En 2019, la Réunionnaise avait terminé l'Euro U19 avec le soulier d'or de meilleure buteuse et un premier titre avec la France. Au passage, elle s'était offert un doublé contre les Pays-Bas (3-1). Samedi en quarts de finale, elle retrouvera les Néerlandaises et leur jeune gardienne, Daphne van Domselaar, qu'elle avait battue il y a trois ans.

Après une prestation réussie contre l'Islande, la sélectionneuse Corinne Diacre a laissé planer le doute sur sa titularisation face aux Pays-Bas, mais elle n'a pas manqué de saluer son talent : "Melvine est jeune, elle a montré de belles choses à l'entraînement. Jusqu'ici je l'avais plutôt utilisée sur un côté et elle ne nous a jamais déçus. Et c'est encore le cas ce soir, avec une très belle prestation, avec ce but qui a failli nous donner la victoire. C'est une jeune joueuse talentueuse. Elle ne calcule pas les efforts, elle donne beaucoup, et ce soir j'avais envie de lui rendre la pareille."

Avec AFP

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