Euro-féminin 2022 : Grace Geyoro, nouveau phare des Bleues après la blessure de Katoto

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© FRANCK FIFE / AFP
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Déjà qualifiées pour les quarts de finale, les Bleues affrontent lundi l'Islande pour leur dernier match de poules de l'Euro féminin 2022. Après avoir brillé lors de la première rencontre contre l'Italie, Grace Geyoro est désormais la nouvelle star de l'effectif. Alors que l'attaquante vedette Marie-Antoinette Katoto a dû quitter ses coéquipières pour cause de blessure, la milieu de terrain du PSG porte les espoirs français pour la suite du tournoi.

L’équipe de France est orpheline de sa machine à buts. Depuis le forfait de Marie-Antoinette Katoto, gravement blessée au genou lors de la rencontre contre la Belgique jeudi dernier, les Bleues doivent désormais se trouver une nouvelle meneuse pour le reste de la compétition, alors qu’elles jouent un dernier match de poules, lundi 18 juillet, contre l’Islande.

Le salut pourrait venir de Grace Geyoro, qui a éclaboussé la rencontre de son talent lors de la première victoire expéditive des Bleues face à l’Italie (5-1). La milieu de terrain du PSG a réalisé un triplé inédit pour sa 50e sélection en équipe de France, deux semaines et demi après une inquiétante blessure.

"Je me dis: ‘Mais ce soir tout va rentrer en fait !’ Ça s'est enchaîné. Je n'ai pas eu le temps de réaliser mon premier but et le deuxième est arrivé... Pareil pour le troisième", a-t-elle raconté à l’AFP après sa prestation quasi parfaite.

La capitaine du PSG n'avait probablement pas parié sur un tel scénario au début de la compétition. Elle a débuté l’Euro sans le moindre match dans les jambes depuis le 29 mai, une éternité pour une joueuse de foot professionnelle.

Grace Geroyo, véritable métronome de l'entrejeu, a en effet été contrainte de faire l'impasse sur les deux matches de préparation des Bleues après une entorse subie le 21 juin à Clairefontaine, lors d'une séance d'entraînement. Avec un mental d’acier, elle a réussi à récupérer à vitesse grand V pour être prête au début de la compétition européenne : "J'ai essayé de mettre toutes les chances de mon côté pour être en forme pour ce premier match".

D’Orléans au PSG

La joueuse de 25 ans a construit sa carrière sans se poser de questions. Originaire de Kolwezi, en République démocratique du Congo, la jeune femme arrive à Orléans, en France, à l’âge de deux ans. Dès huit ans, elle suit les pas de son grand-frère. "Il était footballeur, ses amis étaient mes amis, quand il jouait au foot, j’y allais aussi", a-t-elle expliqué au magazine Onze Mondial. "Quand il aimait le foot, j’aimais le foot, quand il aimait le chocolat, j’aimais le chocolat, c’était comme ça, c’était mon grand frère".

Mais sa mère ne voit pas cette passion d’un très bon œil : "Elle était vraiment contre, du coup, c’était compliqué. Elle avait peur. Avant, le foot féminin n’était pas comme aujourd’hui, ça ne passait pas à la télé, on ne savait pas comment ça allait évoluer. Elle craignait un peu tout ça".

Mais Grace Geroyo est rapidement repérée et intègre le centre de formation de Clairefontaine dès l’âge de 14 ans, avant de signer au PSG. Les débuts ne sont pas faciles, mais elle s’accroche : "Si je n’y avais pas cru, je n’y serais jamais arrivée. Mes coéquipières habitaient sur Paris, moi, ma famille vivait à Orléans, il fallait que je prenne le train, le bus, je rentrais tard à la maison. Il fallait que me lève plus tôt que les autres. (…) La passion et le rêve m’ont permis de braver les obstacles".

La déception du Mondial-2019

Le rêve débute officiellement en 2014, lorsqu’elle joue son premier match de D1 féminine à l’âge de 17 ans. Trois ans plus tard, elle obtient déjà le titre de meilleure espoir de la saison. Devenue l’une des pièces maîtresses du club de la capitale, elle décroche ses premiers titres avec une Coupe de France en 2018 et le championnat en 2021.

Mais ses débuts en sélection nationale s’avèrent plus compliqués. Lors du Mondial-2019 organisé en France, elle ne joue que quelques minutes. La sélectionneuse Corinne Diacre préfère s’appuyer sur les expérimentées Amandine Henry et Élise Bussaglia. Une expérience qui reste encore douloureuse. "Quand tu vis un tel événement, tu as envie de jouer, c’est logique. Je suis une compétitrice. Moi j’étais là, fière de représenter la France, mais j’avais aussi très envie de jouer et d’apporter un plus à l’équipe".

Malgré cette déception, Grace Geyoro a attendu son heure. Ces dernières années, elle est devenue le pilier de l’entrejeu de l’équipe de France. Alors qu’Élise Bussaglia a pris sa retraite et qu’Amandine Henry n’est plus dans les petits papiers de la sélectionneuse, c’est désormais elle qui anime le jeu et qui sait désormais aussi prendre les devants en attaque. "J’ai eu pas mal de coaches qui me reprochaient ça auparavant. Il fallait que je travaille plus devant le but parce que j’ai tendance à être beaucoup dans ces situations-là", a-t-elle concédé à l’AFP après le match contre l’Italie.

En dehors du terrain, elle sait aussi se rendre indispensable à l’équipe. Connue pour sa joie de vivre, elle "aime bien taquiner les copines", comme elle l’a expliqué à Ouest-France. Très présente sur les réseaux sociaux, elle adore aussi partager sa passion pour la mode. Bien dans son sport, elle se projette également dans le futur et suit actuellement une formation en journalisme en parallèle de sa carrière professionnelle.

Tout est aujourd’hui aligné pour que Grace Geyoro devienne la nouvelle égérie tricolore. Mais le chemin est encore long jusqu’à la finale de l’Euro, et encore plus compliqué avec l’absence de Marie-Antoinette Katoto.

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