Euro féminin 2022 : quel bilan tirer du parcours des Bleues ?

© Molly Darlington, Reuters

Le rêve des Françaises s'est envolé face à l'Allemagne. Aux portes de la finale, les Bleues ont été terrassées par des Allemandes plus efficaces. Cette génération talentueuse affiche toujours zéro titre au compteur, mais elle peut espérer de belles choses pour les années à venir.

L'aventure est terminée pour les Françaises dans l'Euro. Battues par une équipe allemande plus dominatrice (2-1), les Bleues qui rêvaient du titre ne verront pas le stade de Wembley dimanche.

Sonnées, les mains sur les hanches, les Françaises avaient la tête basse au coup de sifflet final, au moment où les Allemandes ont laissé éclater leur joie, bras levés. L'équipe de France échoue aux portes de la finale, comme au Mondial-2011 en Allemagne et aux JO-2012 à Londres, et va ramener ses regrets à la maison, après avoir déjoué dans le jeu et déchanté dans ses ambitions.

Si "la déception prime" après cette défaite, la sélectionneuse Corinne Diacre a estimé que l'avenir était prometteur. "Ce soir, ce n'était pas notre soir, cette compétition n'était peut-être pas la nôtre. Mais en tout cas la fondation est solide, on a bâti quelque chose d'important avec un groupe très sympathique, travailleur et qui n'aime pas perdre, c'est de bon augure pour la suite", a-t-elle réagi, après le coup de sifflet final, en conférence de presse.

L'équipe de France new look de Corinne Diacre, rajeunie et apaisée, qui n'avait pas atteint les demi-finales d'une grande compétition depuis les JO-2012, a en effet semé des promesses. Elle peut désormais se projeter avec ambition vers la Coupe du monde 2023 et les Jeux olympiques prévus à domicile en 2024.

Un bon mélange entre expérience et nouvelle génération

La France a su évacuer les échecs et les polémiques passés avec un groupe semblant uni autour de sa capitaine Wendie Renard (32 ans), entourée par les déjà expérimentées Delphine Cascarino et Grace Geyoro (25 ans), entre autres, et des visages nouveaux comme celui de Selma Bacha.

À 21 ans, la latérale ou ailière gauche, cette dernière s'est révélée aux yeux de ceux qui ne l'avaient pas vu jouer avec l'OL. Autre révélation, encore plus remarquée : Clara Matéo, 24 ans. L'attaquante du Paris FC, utilisée comme milieu relayeuse, a marqué des points précieux durant le tournoi, comme titulaire à la place de Sandie Toletti, ou comme entrante, notamment face à l'Allemagne.

Ce mix générationnel réussi est à mettre au crédit de la sélectionneuse Corinne Diacre, qui en a fait son leitmotiv au moment de façonner son effectif. "Les anciennes encadrent très bien les jeunes. Mais il faut aussi dire que les jeunes sont à l'écoute, elles apportent aussi leur lot de fraîcheur, leur lot d'insouciance. Ce tout fait un très bon mélange", s'est-elle d'ailleurs félicitée après le quart de finale remporté en prolongation face aux Pays-Bas (1-0 a.p.), dont l'équipe est vice-championne du monde en titre.

La sélectionneuse a ainsi réussi à apaiser son vestiaire sérieusement secoué en 2020 par le clash médiatisé avec Amandine Henry, son ancienne capitaine. La non-sélection à l'Euro d'Eugénie Le Sommer, meilleure buteuse de l'histoire des Bleues, a aussi été vite oubliée au regard des talents offensifs alignés.

Hors terrain, en revanche, elle n'a pas réussi à se débarrasser de l'image distante, et parfois cassante, qui lui colle à la peau depuis son début de mandat en 2017, répondant souvent à côté, de manière superficielle voire de façon trompeuse aux journalistes.

Une série de compétitions majeures

En atteignant le "dernier carré", mais pas Wembley, Corinne Diacre a répondu aux attentes de sa Fédération. Le contrat de la patronne des Bleues, en poste depuis 2017, arrive à échéance après le Championnat d'Europe, mais le président Noël Le Graët va lui proposer de le prolonger jusqu'aux Jeux olympiques 2024 de Paris, a-t-il annoncé dans un entretien à l'AFP, au lendemain de l'élimination .

"Avec Corinne, on est sur la bonne pente. Cela a été plus dur, mais on progresse. Je ne vois pas pourquoi on ne trouverait pas un accord", a-t-il affirmé, vantant les mérites d'une équipe de France "cohérente et en progrès" en dépit de la demi-finale perdue.

Confortée par son président, la technicienne française a désormais le mondial dans le viseur. Les Bleues ont déjà leur billet en poche pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, terres d'accueil du tournoi à l'été 2023, avant même leurs deux derniers matches de qualification en septembre.

Elles auront aussi le soutien de leur public durant les JO-2024 de Paris, et peut-être l'année suivante si la Fédération française de football, candidate à l'organisation de l'Euro-2025, venait à remporter la mise.

L'effectif actuel aura le temps de mûrir d'ici-là, sans perdre des plumes. Les Bleues retrouveront aussi Marie-Antoinette Katoto, leur buteuse vedette, partie d'Angleterre après le deuxième match et une grave blessure au genou droit.

L'échec à l'Euro ne s'explique pas uniquement par l'absence de "MAK", mais le forfait de la Parisienne a forcément déboussolé ses coéquipières, privées d'une machine à buts créditée de 16 buts cette saison en 15 sélections, toutes démarrées comme titulaire.

Avec Katoto, Renard, Diani et les jeunes pousses, la France a un coup à jouer dans les trois années à venir pour, enfin, décrocher un premier titre qui lui manque tant.

Avec AFP et Reuters

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