Euro 2024: N’Golo Kanté, le retour du totem béni des Bleus

N'Golo Kanté a terminé la rencontre brassard de capitaine autour du biceps sur la pelouse de Düsseldorf, une première à 33 ans. Ce n’est dû qu’à la sortie sur blessure de Mbappé, alors que le premier lieutenant du prodige de Bondy, Antoine Griezmann, était aussi sur le banc à cet instant.

Mais cette distinction de quelques minutes souligne la place dans ce groupe que possède le joueur d’Al-Ittihad. "Je ne m’y attendais, c’était un fait de jeu", lâchait Kanté après la rencontre. "Ça fait plaisir, c’est un honneur. Ce n’était que pour quelques instants mais ça représente beaucoup. C’est une fierté."

"C’est pas une légende!"

Durant la préparation, tous disaient la même chose: le Kanté d’avant est le même qu’aujourd’hui, malgré deux ans sans porter le maillot Bleu et un exil dans le championnat saoudien. "Sur le terrain, il est capable de jouer deux postes en même temps. Je pense qu’ils sont deux Kanté: un qui court, l’autre qui joue au foot", lâchait Jonathan Clauss alors que Marcus Thuram avait "l’impression qu’ils sont venus à trois à Clairefontaine". "C’est horrible, on ne peut plus jouer à l’entraînement! On sait qu’on a gagné quand on l’a avec nous. Il est incroyable."

Les Autrichiens ont dû se dire la même chose. Face à eux, "NG" a parcouru presque 12 kilomètres, récupéré neuf ballons et ponctué son match d’un retour de plus de 50 mètres alors que Wimmer filait au but. Au bout, la distinction d’homme du match. Dans le vestiaire, ses coéquipiers l’ont accueilli avec des rires et de larges applaudissements. "C’est du jamais-vu", riait Ibrahima Konaté. "Écoute moi bien, ajoutait Youssouf Fofana. J’ai vu, c’est pas une légende! C’est une dinguerie."

Plus de projection et de leadership?

Les supporters aussi en ont (re)fait leur chouchou: les chants à sa gloire et les banderoles à son effigie sont nombreux. "N'Golo Comté", ou "Kante reverrai-je, Euro merveilleux", pouvait-on lire ce lundi en tribune. Une chose est sûre: son abattage, son expérience et son leadership par l’exemple impressionnent chaque jour.

En plus de ses qualités indéniables de récupérateur, le joueur a aussi apporté davantage avec le ballon en seconde période, n’hésitant pas à se projeter et à se positionner proche de la surface adverse. Adrien Rabiot, son compère du milieu, le savait capable de tout ça, mais il en a remis une couche ce mercredi, en conférence de presse.

"Il est quand même épatant avec tout ce qu'il fait sur le terrain. Il ne se plaint jamais, ne rechigne jamais à la tâche. Il est dans une super forme. Ce n'est pas quelqu'un qui parle tellement, mais c'est un leader sur le terrain, par l'exemple par ce qu'il donne, que ce soit à l'entraînement ou sur les matchs. Parfois, ça vaut plus que des mots, notamment pour les jeunes, qui comprennent ce que c'est de jouer pour l'équipe de France."

Le retour de Tchouaméni se précise

Tout ça pourrait causer des nœuds au cerveau de Didier Deschamps. Car Aurélien Tchouaméni, qui s’était imposé comme un cadre dans ce secteur de jeu, revient de sa fracture d’un métatarse et va postuler contre les Pays-Bas. Mais il semble compliqué pour le sélectionneur de sortir Rabiot, Griezmann et plus encore Kanté du onze de départ.

Le sélectionneur peut-il changer de système pour ne pas avoir à choisir? Les prochains jours le diront, mais Kanté a gagné sa place et possède un autre atout de poids: il n’a jamais perdu avec les Bleus en 16 matchs d’une compétition internationale (12 victoires, 4 nuls).

Article original publié sur RMC Sport