Euro 2024: comment les Bleus ont appris à gérer leur statut de favoris

"Vous savez, le statut de favori, il rentre dans nos oreilles et il ressort directement." Ousmane Dembélé, qui s’apprête à jouer sa quatrième phase finale avec les Bleus, règle vite cette question sur le statut de favori. Avec une série exceptionnelle de six finales de Coupe du monde ou d’Euro sur treize possibles depuis 1998, l’équipe de France est l’une des nations les plus attendues à chaque phase finale et ne peut pas échapper à l’énorme attente qu’elle suscite chez les supporters, la presse mais aussi les autres acteurs du foot.

"Toutes les équipes européennes sont inférieures à la France", tranche clairement Jérôme Rothen de la Dream Team de RMC Sport. Souvent taxés de langue de bois dans leur réponse aux questions sur l’étiquette de favori, les Bleus tentent régulièrement de diluer la pression inhérente à ce statut. "Ce n’est pas un secret pour qui que soit, en Europe ou dans le monde, reconnaît Ibrahima Konaté. On veut gagner ce titre, surtout après avoir perdu la Coupe du monde en finale." "Mais je pense qu’il y a beaucoup de favoris, tempère Kingsley Coman. L’Allemagne a toujours été une grande nation. En plus l’Euro est chez eux. Ils font partis des favoris comme nous, l’Angleterre, l’Italie ou l’Espagne. Après, on le sait, favori c’est juste un titre sur le papier. Ce ne sont pas toujours les favoris qui gagnent."

"On va être favori sûrement mais il faut le prouver sur le terrain"

Et les Bleus en savent quelque chose. Auréolés de leur titre mondial de 2018, les coéquipiers de Kylian Mbappé se plantent trois ans plus tard à l’Euro 2020 (disputé en 2021 à cause de la pandémie de Covid). L’élimination aux tirs au but face à la Suisse en 8es de finale restera "une tâche noire sur le CV" de la future star du Real Madrid comme elle le confiera dans une interview récente à CNN. "On va être favori sûrement mais il faut le prouver sur le terrain, rappelle Antoine Griezmann. Si on se voit trop beau, on risque de commencer le match comme contre l’Australie à être menés 1-0 et ça peut se compliquer." En effet, lors de leur premier match de Coupe du monde 2022 au Qatar, les Bleus signent un mauvais début de match et ne peuvent empêcher l’ouverture du score de Goodwin pour l’Australie.

Ils renverseront vite la vapeur pour finalement l’emporter 4-1 mais ces alertes sont des rappels au devoir d’humilité. Comment faire pour les éviter ? "Travailler, être à 100% tactiquement, physiquement, avoir les pieds sur terre et ne pas penser plus loin que l’Autriche", suggère Griezmann. Le match d’ouverture des Bleus étant programmé assez tardivement, les joueurs auront l’occasion d’observer les premières rencontres des autres favoris. "On va regarder les matchs ensemble", précise Ousmane Dembélé, visiblement impatient d’évaluer le niveau de leur concurrent.

"Le premier rendez-vous, c'est le 17 juin face à l'Autriche. Il ne faut pas se voir au-delà", conclut Didier Deschamps, dernier capitaine tricolore à avoir soulevé le trophée Henri-Delaunay, il y a 24 ans. Kylian Mbappé n’avait alors qu’un an et demi. "Les Français sont impatients de regagner cette compétition", estime la star des Bleus bien décidé à assumer jusqu’au bout ce satané statut de favori.

Article original publié sur RMC Sport