La pollution serait responsable du nombre croissant de garçons nés avec des testicules non descendus

Johanna Amselem
·3 min de lecture
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Des chercheurs français ont constaté que de nombreux cas étaient localisés près de zones de travail du métal concentré, d'activités minières et agricoles.

Chaque année, des nombreux petits garçons naissent avec les testicules non descendus dans le scrotum. Et, au fil des années, ce chiffre ne cesse d’augmenter. Des scientifiques français ont examiné 89 382 cas de testicules non descendus en France entre 2002 et 2014. Ils ont constaté que l'incidence de la maladie avait augmenté de 36% pendant cette période.

Grâce à leurs observations, les chercheurs ont mis en évidence qu’il existait 24 groupes géographiques de cas et tous se trouvaient dans des zones de travail du métal concentré et d'activités minières et agricoles. Selon cette étude, la pollution provenant d'industries comme les mines de charbon et les usines de métaux peut faire naître plus de garçons avec leurs testicules au mauvais endroit. Si les experts ont observé une corrélation, ils précisent ne pas avoir identifié de lien de causalité.

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1 244 cas près de Lens

Cette étude française a révélé la présence de nombreux cas de cryptorchidie dans certaines régions de France, comme le Pas-de-Calais. L'équipe rapporte que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour établir un lien de causalité. "Nos principales conclusions sont l'augmentation de la fréquence de la cryptorchidie opérée en France au cours de la période d'étude, et la forte tendance des cas à se regrouper dans des endroits particuliers", a déclaré l'auteur de l'article Joëlle Le Moal. "C'est la première fois qu'une telle constatation est documentée au niveau national pour cette anomalie congénitale", a ajouté l'épidémiologiste de Santé publique France. Avant de compléter : "Les PCB, les pesticides et les dioxines sont soupçonnés de jouer un rôle dans la cryptorchidie et d'autres problèmes testiculaires en perturbant les hormones".

Le principal groupe, repéré par les chercheurs, de 1 244 cas était situé autour de la ville de Lens où le risque d'avoir un testicule non descendu était de plus de 50% supérieur à la moyenne. De plus, le risque de naître avec les deux testicules non descendus était environ cinq fois plus élevé qu'au niveau national. Selon les chercheurs, cette zone "comprend les deux sites de production d'une ancienne fonderie où la majeure partie de la population locale était auparavant employée". D'autres facteurs qui ont été liés à un risque plus élevé de cryptorchidie comprennent le tabagisme maternel et la naissance prématurée ou relativement petite, qui sont tous plus courants dans les zones industrialisées et parmi les plus pauvres.

"Nous avons mis en évidence plusieurs hypothèses qui doivent être testées dans le cadre de recherches ultérieures. Ces résultats ne doivent pas être sur-interprétés. Les polluants persistants que nous avons identifiés pourraient être des traces associées à d'autres produits chimiques", nuance l’étude. Les résultats complets de l'étude ont été publiés dans la revue Human Reproduction.

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