«Etre Charlie, c'est n'en avoir rien à branler»

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Jean-Christophe Menu, jeudi 29 janvier 2015 à Angoulême, pour recevoir le Grand Prix spécial décerné aux victimes de l'attentat contre «Charlie Hebdo».

Jean-Christophe Menu a reçu le prix spécial du festival d'Angoulême à «Charlie Hebdo» en traitant le maire de la ville de con.

Quelques instants, l’esprit Charlie a plané sur le Festival de la BD d’Angoulême. C’était jeudi soir, lors de la remise d’un Grand Prix spécial à Charlie Hebdo dans les grands salons de l’hôtel de ville. Jean-Christophe Menu, auteur de BD, fondateur des maisons d’éditions l’Association et l’Apocalypse, et président de l’association des amis de Charlie, avait été mandaté par ses camarades pour recevoir le prix et faire un discours. Etre ou ne pas être Charlie ? «On s’en branle», a-t-il très simplement tranché, résumant en quelques mots : «être Charlie c’est n’en avoir rien à branler». En voici l’enregistrement par France Inter :


Et Jean-Christophe Menu de rappeler quelques vérités, comme le fait qu’être Charlie, «ce n’est pas faire sonner les cloches de Notre-Dame pour des anticléricaux. Ce n’est pas transformer en héros nationaux des satiristes, dont l’activité principale était de chier sur le pouvoir et sur toute forme d’expression». Lapsus, il se corrige : «D’oppression, pardon.» 

Puis il relève que «le maire d’Angoulême fait poser des cages de zoos autour des bancs publics pour en empêcher l’accès aux SDF». Donc, «c’est Charlie qui dit au maire d’Angoulême que c’est un con». Présent à côté, l’intéressé reste stoïque, rapporte le site de la Charente Libre. Il s’en prend ensuite au traité transatlantique et à l’obsession collective pour la croissance, «qui, tout le monde le sait, est loin derrière nous».

Et de conclure par un «vive toute la presse satirique», en l’espèce Charlie Hebdo, le Canard enchaîné et Siné Mensuel. Quant à l’autre presse, «quand elle se sera sorti les doigts du cul et qu’elle commencera à contribuer à sauver la planète, alors ce jour-là, l’autre, on lui dira peut-être aussi vive la France, et qu’elle est Charlie».

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