#EtOnRemetLeSon: le coup de gueule du monde de la musique pour rouvrir les salles

Jérôme Lachasse avec AFP
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La devanture de L'Olympia ce mardi 8 décembre - Philippe Dufreigne - Twitter.com
La devanture de L'Olympia ce mardi 8 décembre - Philippe Dufreigne - Twitter.com

Alors que les salles de spectacle sont fermées depuis plusieurs mois, le monde de la musique, des chanteurs aux techniciens, dénonce l'inaction du gouvernement et pousse un coup de gueule pour demander la réouverture des lieux de concert.

Ainsi est né le mouvement #EtOnRemetLeSon, lancé notamment par Juliette Armanet, qui a partagé sur les réseaux sociaux un visuel jaune où il est inscrit: "La musique sans public, c'est non! Ouvrez nos salles!" Plusieurs artistes l'ont rejoint: La Grande Sophie, Eddy de Pretto, Dani...

"Voilà plusieurs mois maintenant que ma colère, mon incompréhension, ma tristesse grandissent", écrit sur Instagram Juliette Armanet. "Voilà plusieurs mois maintenant que je suis en mal de concerts, de sueur, de mains qui se serrent dans le noir, de chansons chantées à gorge déployées, bref, de tout ce qui fait ma raison de vivre. Et ce n’est pas une expression."

"Le signal ne vient pas!"

La chanteuse, qui déplore les annulations de tournées et de festivals, interpelle le gouvernement pour "pouvoir refaire [son] métier" et "retrouver [son] public": "C’est possible, aujourd’hui, en toute sécurité", assure-t-elle. "Je n’en reviens toujours pas d’avoir à écrire ces mots là.... Laissez nous chanter, show must go on, je vais pas toutes vous les faire, le message est clair."

Le message de Juliette Armanet rejoint celui du Prodiss, le syndicat national du spectacle musical et de variété dans le privé, qui s'est insurgé des aides gouvernementales insuffisantes face à la crise sanitaire. "Arrêtons les effets d'annonce", a écrit Malika Seguineau, directrice générale du Prodiss, dans un communiqué. Le spectacle vivant privé "va perdre 84 % de son chiffre d'affaires cette année et l'année 2021 ne s'annonce pas meilleure pour l'instant".

"Environnement non anxiogène"

"Les salles, les producteurs, les diffuseurs, les festivals et aussi les artistes, les techniciens, espèrent un signal, mais ce signal ne vient pas!", se désole-t-elle encore. Le débat "ne peut rester cantonné sur l'unique ouverture de nos lieux de diffusion, il nous faut la certitude d'avoir un environnement non anxiogène pour relancer l'ensemble de notre écosystème", a-t-elle souligné.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a récemment évoqué 35 millions d'euros d'aides supplémentaires pour les cinémas et le monde du spectacle après les annonces gouvernementales retardant d'au moins trois semaines la réouverture de nombreux lieux accueillant du public.

Article original publié sur BFMTV.com