Ethiopie: les tensions persistent après les obsèques du chanteur Hachalu Hundessa

En Éthiopie, les obsèques du chanteur Hachalu Hundessa, assassiné lundi soir, ont eu lieu sous tension ce jeudi 2 juillet dans sa ville natale, à une centaine de kilomètres d'Addis-Abeba.

Il n'y avait pas grand monde ce jeudi 2 juillet au matin dans les gradins du stade de la ville d'Ambo, où Hachalu Hundessa est né il y a 34 ans. Des proches, ses parents, des officiels étaient venus déposer une gerbe, sous le soleil. Des cavaliers oromos sur leur cheval ont rendu hommage à l'idole assassinée. Sa femme, très émue, a annoncé qu'une statue de son mari serait édifiée bientôt à Addis-Abeba, où il a été tué lundi soir.

À peine une heure plus tard, le cercueil a été enterré selon le rite orthodoxe près d'une petite église. Les alentours du stade étaient strictement bouclés par les forces de sécurité, qui ont tiré pour éloigner les militants se pressant au-devant du convoi funéraire, faisant plusieurs blessés, d'après des médecins locaux.

La situation reste d'ailleurs tendue dans le pays. Un photographe raconte que des bérets rouges patrouillent les rues d'Addis-Abeba, alors que des attaques entre bandes armées communautaires se multiplient. 

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Cette tension est aussi alimentée par les arrestations d'opposants qui se sont poursuivies. Après les leaders oromos Jawar Mohamed et Bekele Gerba qui ont comparu devant un tribunal pour complicité d'homicide, c'est le politicien et journaliste amhara Eskinder Nega qui a été arrêté à son tour jeudi. Le procureur fédéral l'accuse d'inciter ses partisans à la violence contre les Oromos.

Le meurtre d'Hachalu Hundessa a provoqué une flambée de violence dans sa région de l'Oromiya et dans la capitale, où des règlements de comptes entre groupes nationaux ont été meurtriers ces derniers jours. Le dernier bilan officiel des manifestations fait état de 90 morts.

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