Ethiopie: les négociations sur le barrage de la Renaissance bloquées

A quelques semaines du début du remplissage annoncé du barrage de la Renaissance, les négociations entre l'Ethiopie, l'Egypte et le Soudan sont une nouvelle fois bloquées depuis mercredi dernier. Les trois pays disent qu'ils sont d'accord sur 95% des questions techniques, mais pas sur le statut juridique de l'accord qu'ils pourraient signer.

Cette fois, c'est moins le contenu que la forme qui fait blocage. L'Ethiopie refuse qu'un futur accord sur son méga-barrage hydroélectrique ait un caractère contraignant. Addis-Abeba dit vouloir un document réglementaire dont l'application pourrait être renégociée avec le temps, mais l'Egypte refuse. Le Caire veut un traité qui ait force de loi et a donc officiellement saisi le Conseil de sécurité de l'ONU, par lettre, vendredi.

Le Soudan, qui s'efforce de jouer les médiateurs pour pallier la mise hors-jeu des Etats-Unis, a quant à lui dénoncé une fois de plus toute « décision unilatérale » de l'Ethiopie dans cette affaire, samedi.

Cependant, le même jour, le ministre éthiopien des Affaires étrangères a dit à l'agence Associated Press que son pays n'avait pas besoin d'avoir signé quoi que ce soit pour lancer les opérations de remplissage du barrage, toujours prévues en juillet.

La saison des pluies est en effet le meilleur moment pour le faire et l'Ethiopie ne s'en privera pas. Et pour lui, contrairement à ce qu'avait proposé le Soudan après la suspension des pourparlers la semaine dernière, « le temps n'est pas venu » de demander l'arbitrage des trois chefs de l'Etat ou de gouvernement.

La guerre des mots et des nerfs continue donc, alors que l'Egypte évoque régulièrement l'option militaire pour défendre ses intérêts nationaux.

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