Ethiopie: emprisonné, l'opposant oromo Jawar Mohammed poursuit sa grève de la faim

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Cela fait désormais deux semaines que l'opposant éthiopien Jawar Mohammed est en grève de la faim en prison, et son état de santé se serait dégradé.

L'ancien allié du Premier ministre Abiy Ahmed a été incarcéré en juillet dernier avec une vingtaine d'autres prisonniers politiques, suite aux violences survenues dans la région d'Oromia. Ils sont accusés de terrorisme et d'incitation à la haine.

Jawar Mohammed et les autres opposants oromo avaient entamé une grève de la faim pour réclamer une amélioration du traitement accordé à leurs proches et partisans leur rendant visite, et également la fin au harcèlement judiciaire.

Leur emprisonnement risque de compromettre leur participation aux élections législatives de juin prochain s'inquiète Kjetil Tronvoll, professeur à l'université de Bjorkness en Norvège. « Ils se trouvent en prison au moment où les élections de juin approchent. Donc il est fort probable que ces importants leaders de l'opposition ne pourront pas participer au vote de juin, même s'ils sont libérés. »

Mais le chercheur pointe aussi que la dégradation de leur état de santé pourrait avoir d’importantes conséquences. « Si leur état de santé se détériorait, et on ne l'espère pas, s'ils venaient à décéder, cela déclencherait un grand mouvement de contestation dans la région d'Oromia. En 2019, lorsque Jawar Mohamed a appelé à l'aide parce que ses gardes de corps avaient été retirés par le gouvernement, en l'espace de quelques minutes ou de quelques heures, des manifestations ont éclaté dans toute la région d'Oromia pour soutenir Jawar. »

« Il est considéré comme le principal leader, comme porte-parole de la région d'Oromia, et il jouit d'un grand respect dans toute la circonscription, tant chez les musulmans que les chrétiens », rappelle Kjetil Tronvoll.