Ethiopie: les diplomates veulent profiter d'une "fenêtre" pour arrêter la guerre

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Les efforts diplomatiques s'intensifiaient mardi pour tenter d'arrêter la guerre qui dure depuis un an dans le nord de l'Ethiopie, avec l'espoir que l'Union africaine (UA) parvienne à obtenir un cessez-le-feu avant une possible marche rebelle sur la capitale.

Marqué par les atrocités et la famine, le conflit opposant depuis novembre 2020 l'armée fédérale aux rebelles tigréens a fait plusieurs milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes.

Arrivé en Ethiopie jeudi, l'émissaire des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a rencontré lundi soir l'envoyé de l'UA, Olusegun Obasanjo, qui s'est rendu dimanche dans la capitale tigréenne Mekele.

"Nous pensons qu'il y a une petite fenêtre d'ouverture pour travailler avec (Obasanjo)", a déclaré lundi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

"Nous sommes en contact avec les parties pour tenter de les mettre sur le chemin d'une cessation des hostilités", a ajouté M. Price, précisant que les Etats-Unis sont également en contact avec les rebelles tigréens.

Arrivé en Ethiopie la semaine dernière, M. Feltman y a rencontré des dirigeants, avant de se rendre au Kenya pour s'entretenir avec le président Uhuru Kenyatta, impliqué dans les efforts de médiation à l'échelle régionale.

Par la voix de son secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, l'ONU a également soutenu mardi l'initiative de M. Obasanjo.

"J'implore toutes les parties à écouter l'appel du secrétaire général de l'ONU à immédiatement arrêter les hostilités sans conditions préalables, et réitère le soutien total (de l'ONU)" aux efforts de M. Obasanjo, a dit M. Griffiths, qui s'est également rendu à Mekele.

Lundi, l'ancien président du Nigeria avait exprimé son optimisme devant le conseil de sécurité de l'UA.

"Tous les leaders ici à Addis Abeba et dans le Nord sont individuellement d'accord sur le fait que les différences qui les opposent sont politiques et requièrent des solutions politiques à travers le dialogue", a-t-il dit, selon une copie de sa déclaration consultée par l'AFP.

"Ceci, donc, constitue une fenêtre d'opportunité que nous pouvons collectivement exploiter."

Le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Le prix Nobel de la paix 2019 a déclaré la victoire le 28 novembre, mais les combattants du TPLF ont repris en juin l'essentiel du Tigré puis avancé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Le TPLF a ensuite revendiqué la prise de villes-clés amhara, sans exclure de marcher sur la capitale.

Le gouvernement affirme que les rebelles exagèrent leur progression.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont appelé leurs citoyens à quitter l'Ethiopie.

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