Éthiopie: les autorités nient la famine au Tigré

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Le chef de l’agence humanitaire des Nations unies estime qu’on peut parler de famine dans la région du Tigré. La région connaît des niveaux de malnutrition record, sept mois après le début de la guerre civile entre le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens. Les chiffres sont en effet catastrophiques, mais Addis Abeba refuse absolument l’utilisation du mot famine, qui pourrait évidemment accroitre la pression sur le gouvernement.

Avec notre correspondant à Addis Abeba, Noé Hochet-Bodin

C’est un document qui pourrait bien faire changer l’attitude internationale sur la guerre au Tigré. Une étude des Nations unies montre que sur 6 millions de Tigréens, 350 000 ont atteint un niveau de malnutrition catastrophique. Mark Lowcock préfère lui un autre terme. Le chef humanitaire de l’ONU parle bel et bien de famine.

Depuis, les États-Unis sont à la manœuvre sur ce dossier. Après avoir sanctionné l’Éthiopie, Washington tente désormais de porter le sujet au Conseil de Sécurité de l’ONU où le Tigré devrait être au centre des débats mardi prochain.

Côté éthiopien, on ne sait que trop bien la puissance politique que confère le mot famine après la catastrophe de 1984, dans cette même province du Tigré, qui avait provoqué une vague d’indignation internationale.

Enlisé dans cette guerre depuis sept mois, le gouvernement éthiopien refuse coute que coute l’utilisation du mot et avance au contraire que 90% des Tigréens reçoivent de l’aide humanitaire.