Ethiopie: attaque mortelle contre des civils dans la région de l'Oromia

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Les violences interethniques franchissent un nouveau palier en Éthiopie. Dimanche 1er novembre, un massacre a coûté la vie à au moins 54 personnes dans l’ouest du pays. Des civils appartenant à l’ethnie Amhara ont été pris pour cible, comme c'est le cas dans différentes provinces, depuis plusieurs mois déjà. Les tensions entre Oromos et Amharas, les deux ethnies les plus importantes du pays, ont fait des centaines de morts cette année.

Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

Juste après le retrait de soldats fédéraux habituellement stationnés dans la zone, une soixantaine de miliciens ont investi trois villages dans l’ouest de la région Oromia.

D’après les témoignages recueillis auprès de survivants, les hommes armés auraient regroupé les habitants dans les écoles avant de les abattre froidement. Parmi eux, des femmes et des enfants. Le bilan actuel de 54 morts serait très en dessous de la réalité, précise la commission éthiopienne des droits de l’homme. Pour l’un des partis politiques représentant l’ethnie Amhara, le NAMA, il serait même au-dessus des 200 victimes.

Aucune revendication n’a été faite, pour l’heure, mais le gouvernement a déjà pointé du doigt la responsabilité de l’Armée de libération Oromo, dit OLA, un groupe de miliciens ethno-nationalistes de la région Oromia. Depuis deux ans, l’OLA mène une guérilla face l’armée nationale qui, elle aussi, est accusée de nombreuses exactions dans la région.

Alors que l’Éthiopie, dans son ensemble, traverse une période violente de revendications ethniques, les Amharas en payent le plus lourd tribut. En septembre, 45 d’entre eux avaient été tués dans des conditions similaires, et 31 en octobre. Le week-end dernier, une manifestation de l’ethnie Amhara pour s’opposer à ces massacres avait été annulée, jugée inutile par le gouvernement.