Ethiopie: Arrestations de journalistes alors que le conflit au Tigré se poursuit

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NAIROBI (Reuters) - La commission éthiopienne des droits de l'homme a fait part de ses inquiétudes mercredi après de nouvelles arrestations de journalistes, alors que les affrontements dans la région du Tigré se poursuivent.

Les combats, qui ont éclaté au début du mois entre le gouvernement et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ont fait plusieurs centaines de morts, dont 500 côté tigréen et des centaines de tués dans les rangs de l'armée, selon des sources militaires et sécuritaires proches des troupes fédérales.

"Nous réitérons notre appel au respect d'une procédure légale et équitable", a déclaré sur Twitter Daniel Bekele, chef de la commission éthiopienne des droits de l'homme, nommée par le gouvernement, concernant la détention pour "délits présumés liés aux médias" de deux journalistes opérant dans des médias locaux indépendants.

L'un des deux journalistes, Bekalu Alamrew, a été arrêté le 4 novembre pour "diffusion de fausses informations", a déclaré mardi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans un communiqué, citant le média qui l'emploie.

Cette arrestation est un "dangereux renversement des premières mesures prises par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed pour améliorer la liberté de la presse", a ajouté le représentant du CPJ pour l'Afrique subsaharienne dans le communiqué.

La commission éthiopienne des droits de l'homme a réitéré son inquiétude sur Twitter après l'arrestation dans la nuit de mardi à mercredi de quatre autres journalistes.

Le bureau du Premier ministre n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019 pour avoir contribué au règlement du conflit avec l'Erythrée, a ordonné la semaine dernière des frappes aériennes et déployé des troupes dans le Tigré, accusant le TPLF d'avoir attaqué une base militaire.

Les Tigréens de leur côté dénoncent l'oppression et les discriminations dont ils se disent victimes. Ils accusent notamment le gouvernement de s'être comporter de manière autocratique en reportant une élection.

Fuyant la zone de conflit, environ 2.500 Ethiopiens ont trouvé refuge au Soudan selon Alsir Khaled, un responsable de l'Etat de Kassala, dans l'est du Soudan, en charge des réfugiés.

L'Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, a réclamé mardi une trêve et l'ouverture de pourparlers de paix.

(Rédaction de Nairobi, version française Kate Entringer)