États-Unis : rats, moisissures, inondations, le quotidien onéreux des étudiants d’Howard

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De la moisissure dans les bouches d'aération, des rats dans les couloirs, des champignons qui poussent aux murs… Les conditions dans lesquelles logent et travaillent les étudiants de l'université Howard à Washington ont de quoi donner la nausée. Ils supplient leur direction d’agir et, depuis un mois, certains ont commencé à occuper le campus et y camper pour mener leur contestation.

Jusqu’à 150 étudiants ont passé depuis le 12 octobre, des nuits dans le centre Blackburn de l'université de Howard, historiquement fréquentée par des étudiants noirs. Ils se sont mobilisés via les réseaux sociaux, avec le hashtag #BlackburnTakeover (prise de Balckburn).

Les étudiants dénoncent la présence de souris, de rats ou de punaises, mais aussi de moisissures, autant que le manque d’accès wifi ou de chauffage.

Au moins une étudiante a dû être hospitalisée pour avoir été exposée à de la moisissure après son installation dans un des dortoirs de l’université de Howard, et plusieurs autres ont dit avoir été malades des semaines avant la découverte de moisissures dans leur chambre. L’université a établi que 41 chambres, soit moins de 1 % des chambres du campus, étaient infectées.

Ces signes d’insalubrité sont à mettre en rapport avec le coût du logement sur le campus, qui peut aller jusqu'à 12 000 dollars l’année (soit environ 10 400 euros). Howard perçoit également des fonds fédéraux et a reçu un chèque de 40 millions de dollars (près de 35 millions d’euros) en 2020 de MacKenzie Scott, l’ex-femme du PDG d’Amazon Jeff Bezos.

Bien que sept des huit résidences du campus ont été récemment rénovées ou reconstruites, les étudiants estiment que c’est leur mauvais entretien qui a causé ces problèmes. Ils ont lancé une pétition pour demander à l’université de couper court à son contrat avec Corvias, l'entreprise qui gère les dortoirs depuis 40 ans.

Les étudiants demandent aussi d’être remboursés de leurs frais de logement, d’être relogés dans un lieu propre et gratuitement, ainsi que la prise en charge de leurs frais de santé liés aux mauvaises conditions de logement. Les organisateurs du sit-in se mobilisent notamment sur la page Instagram "The Live Movement".

Se loger dans la région de Washington, hors de prix

Le 26 octobre, l'université a publié un communiqué assurant qu’elle avait mis les résidences sous "hyper surveillance", avec des équipes dédiées en charge de conduire des nettoyages en profondeur et de procéder à des vérifications avec les étudiants dénonçant moisissures et autres insalubrités. Mais selon les étudiants mobilisés, leurs chambres restent invivables.

Ils ajoutent que pour se loger hors du campus, les coûts dans la région de Washington sont exorbitants, avec des studios qui se louent en moyenne à 1 843 dollars (soit 1 590 euros) le mois.

Les étudiants qui participent au sit-in ont été menacés de sanctions, voire d’être expulsés, mais assurent qu’ils ne s’arrêteront pas tant qu'ils n'auront pas obtenu du président l'organisation d’un forum ouvert à tous les étudiants.

Les problèmes liés aux conditions de vie n’ont rien de nouveau à Howard. En 1989, des étudiants avaient occupés un bâtiment de l'administration pour protester contre leurs conditions de logement. Des manifestations similaires à celle de cette année avaient eu lieu en 2016 et 2018.

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