Les Etats-Unis prudents face au piège égyptien

Après avoir encensé Mohamed Morsi, Washington doit faire machine arrière.

Mohamed Morsi est «précis comme un ingénieur»,«si peu idéologue» et il «tient sa parole»… Ces éloges, entendus à la Maison Blanche, datent de moins de trois semaines : à la faveur de la crise de Gaza, après six conversations téléphoniques - un nombre très exceptionnel - entre Barack Obama et Mohamed Morsi, le président américain et ses conseillers avaient expliqué au New York Times comment une «connexion» personnelle avait pu s’établir entre les deux hommes et aider à mettre fin aux tirs entre Gaza et Israël.

Après avoir déjà pris de vitesse les ouvertures d’Obama au «monde musulman» lors de la révolution de 2011, l’Egypte est ainsi une nouvelle fois en train de prendre l’administration américaine à contre-pied : à peine Obama s’était-il résigné à développer une relation de confiance avec le premier président «islamiste» égyptien qu’il le voit dériver vers un nouvel autoritarisme et être contesté dans la rue.

Après avoir chanté les louanges de Mohamed Morsi, en qui elle voyait donc surtout un nouveau garant de la paix avec Israël, la Maison Blanche a dû revenir cette semaine à une position qui se veut «neutre» dans la crise égyptienne actuelle, appelant à un «dialogue sans préconditions» et condamnant toute violence. Dans ses commentaires publics, la Maison Blanche est d’autant plus prudente qu’elle craint toujours de réveiller l’anti-américanisme, notamment chez les Frères musulmans.

«Ticket». Les plus critiques à Washington se demandent aussi si Obama n’a pas poussé l’Egyptien à la faute en lui donnant le sentiment - en partie erroné - qu’après ses bons services à Gaza il aurait le soutien américain, quoiqu’il fasse. «Si Mohamed Morsi a pensé pouvoir faire comme Hosni Moubarak, c’est-à-dire s’acheter un ticket occidental qui couvre ses abus dans ses affaires domestiques, il s’est assurément trompé, décrypte Wayne White, ex-spécialiste du renseignement au Département d’Etat, aujourd’hui analyste (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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