Etats-Unis: Minneapolis sous haute tension après la mort d'un jeune homme noir tué par la police

A.S.
·4 min de lecture
Des manifestants demandent
Des manifestants demandent

Minneapolis a connu lundi sa deuxième soirée de manifestations malgré l'entrée en vigueur d'un couvre-feu visant à empêcher l'embrasement de cette ville du nord des Etats-Unis, après la mort dimanche d'un jeune homme noir abattu par la police en plein procès du meurtre de George Floyd.

Biden lance un appel au calme

"Les manifestations pacifiques sont compréhensibles" après la mort "tragique" de Daunte Wright, avait commenté plus tôt dans la journée le président démocrate Joe Biden, se disant conscient de "la colère et la douleur" vécues par les Afro-Américains.

Mais "il n'y a absolument aucune justification" aux violences, avait-t-il ajouté en appelant la population de cette grande ville du nord des Etats-Unis "au calme", après une première nuit de protestations émaillées de pillages et échauffourées.

En plus du couvre-feu dans toute l'agglomération décrété par les maires des villes jumelles de Minneapolis et Saint-Paul, un millier de soldats de la Garde nationale sont à pied d'oeuvre pour empêcher de nouveaux débordements. Peu avant 21h (02h00 GMT mardi), près de deux heures après l'entrée en vigueur du couvre-feu, des dizaines de manifestants continuaient de brandir leurs pancartes et de scander des slogans - tout en s'abritant de la pluie sous des parapluies et des capuches - face au commissariat de la ville de Brooklyn Center.

Les manifestants ont nargué la police à travers le grillage nouvellement érigé autour du commissariat, et portaient des pancartes clamant "Emprisonnez tous les flics tueurs racistes", "Suis-je le prochain ?" et "Pas de justice, pas de paix". La police a tiré du gaz lacrymogène à plusieurs reprises en direction des manifestants, et leur a intimé l'ordre de se disperser.

Mort "accidentelle"

Il s'agissait de la deuxième nuit consécutive de protestations après que Daunte Wright, 20 ans, a été abattu par la police alors qu'il conduisait avec sa petite amie. Lors d'un contrôle lié à des plaques d'immatriculation contrevenantes, une agente a "sorti son arme à feu à la place de son Taser", un pistolet à impulsion électrique censé être moins létal qu'une arme à feu, a déclaré le chef de la police locale Tim Gannon, en évoquant une mort "accidentelle".

Pour étayer ses propos, il a présenté l'enregistrement du drame par la caméra-piéton de la policière.

Lundi soir, les autorités judiciaires de l'Etat du Minnesota ont transmis l'identité de la policière impliquée dans un communiqué. Kimberly Potter, employée des services de police de Brooklyn Center depuis 26 ans, a été suspendue administrativement, précise le communiqué.

La policière a confondu son arme à feu avec son Taser

Sur ces images, on voit des agents sortir le jeune homme de son véhicule et lui passer des menottes. Celui-ci oppose alors une résistance et se rassoit dans sa voiture. On entend la policière crier "Taser, Taser", pour signaler qu'elle va tirer. A la place, un coup de feu résonne.

"Putain de merde, j'ai tiré sur lui", dit la policière alors que le jeune homme, mortellement blessé, démarre au volant de sa voiture qui s'écrase quelques rues plus loin.

La façon dont l'officier a confondu son arme avec son taser n'est pas claire. Le chef de la police locale a déclaré que les policiers sont formés pour placer les armes de poing "sur notre côté dominant, et le Taser sur notre côté faible". Le président Joe Biden a qualifié le meurtre de "tragique", mais a mis en garde contre toute agitation violente potentielle. "Je pense que nous devons attendre et voir ce que l'enquête montre", a déclaré Joe Biden.

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Ce drame a ravivé la colère à Minneapolis, qui avait connu plusieurs nuits d'émeutes en 2020 après la mort de George Floyd le 25 mai dernier, sous le genou du policier blanc Derek Chauvin. Des matches de basket, notamment de la NBA, mais aussi de baseball ou de hockey, prévus dans la soirée de mardi, ont pour leur part été reportés.

Dans ce climat tendu, l'avocat de Derek Chauvin avait demandé de placer les jurés à l'écart pour empêcher qu'ils subissent des pressions. "Je comprends qu'il y ait des troubles civils" mais "je ne crois pas que cela soit un motif d'inquiétude supplémentaire", avait répondu le juge Peter Cahill.

Article original publié sur BFMTV.com