Etats-Unis: comment Donald Trump persiste à bloquer la transition avec Joe Biden

Hugo Septier
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Donald Trump le 11 janvier 2018 - Saul Loeb
Donald Trump le 11 janvier 2018 - Saul Loeb

Et à la fin, il n'en restera qu'un. Quasiment une semaine après l'annonce de la victoire du Démocrate Joe Biden à l'élection présidentielle américaine, au terme d'un scrutin extrêmement serré, son dauphin refuse de reconnaître sa défaite. Sur Twitter ou lors de courtes interventions, Donald Trump hurle à la fraude électorale et l'assure: l'élection n'est pas perdue tant que ses recours dans plusieurs États n'ont pas abouti.

Pour l'heure, la situation est donc bloquée. Si Joe Biden a déjà reçu les félicitations publiques de plusieurs chefs d'État étrangers, celui qui occupe la Maison Blanche pour quelques semaines encore va rendre la vie impossible à son successeur. Ce dernier, en compagnie de sa vice-présidente Kamala Harris, s'est d'ailleurs déjà mis au travail et dévoilé ses plans afin de lutter contre le coronavirus.

Impossibilité de travailler

Ce blocage institutionnel se fait à plusieurs étages et a d'ailleurs débuté quelques heures seulement après l'annonce des résultats du scrutin. Comme le précise CNN, le président-élu Joe Biden n'a, pour le moment, pas accès aux messages officiels envoyés par les autres chefs d'État qui, comme le veut la tradition, le félicitent pour sa victoire dans les urnes.

Habituellement, le Département d'État prend en charge ces communications officielles ce qui n'est actuellement pas le cas, puisque l'administration Trump qui ne reconnaît pas la victoire de Joe Biden. Selon CNN toujours, une dizaine de messages entrants n'auraient ainsi pas été communiqués au Démocrate.

En outre, malgré la constitution d'une task force afin de lutter contre la pandémie de Covid-19 aux Etats-Unis, Joe Biden ne peut actuellement travailler normalement, puisque son équipe et lui ne reçoivent encore pas les President's Daily Briefs, des briefings quotidiens en principe reçus par le président-élu, qui contiennent un résumé d'informations classifiées collectées par les renseignements.

Là encore, l'administration pro-Trump bloque le processus et l'inquiétude grandit quant à la date fatidique du 20 janvier prochain, celle de l'investiture officielle de Joe Biden.

Une signature manquante

Depuis maintenant plusieurs jours, un personnage est au coeur de ce blocage asministratif: Emily Murphy, directrice générale de l'Administration des services généraux (GSA), nommée par Donald Trump en personne. Depuis dimanche dernier, elle refuse en effet de signer une lettre autorisant les équipes de Joe Biden à commencer le travail. Comme l'explique LCI, une telle missive serait en réalité une reconnaissance de la victoire du Démocrate.

Aux États-Unis, la GSA est en charge de la gestion du parc immobilier fédéral ainsi que de la logistique nécessaire à la transition de pouvoir. "Aucun vainqueur n’a été clairement déclaré", justifie Pamela Pennington, porte-parole de cette administration. "La GSA et son administratrice vont continuer à se soumettre à tout ce que la loi requiert, au regard du précédent établi par l’administration Clinton en 2000”.

Cette année-là, le Démocrate Al Gore avait appelé son concurrent George W. Bush, assumant sa défaite, avant de revenir sur ses propos. L'élection s'était jouée à quelques centaines de voix.

Article original publié sur BFMTV.com