Etats-Unis : autant en emporte la colère à Richmond

Dans l'ancienne capitale confédérée, policiers, Noirs, antiracistes, néonazis et membres du Ku Klux Klan se préparent.

Il est 1 heure du matin à Richmond, ancienne capitale des Etats confédérés, et la guerre de Sécession, celle que l’Amérique appelle encore la « guerre civile », a repris. Le général Lee, qui défendit la ville contre les troupes d’Ulysses Grant, est toujours imperturbable, là-haut, sur son cheval de pierre. Mais, dans sa tunique grise, il est en train de perdre sa dernière bataille. Le maire afro-américain, Levar Stoney, a promis de s’attaquer à cette autre pandémie qui empoisonne sa ville depuis quatre cents ans : le racisme. Et, pour cela, il a décidé de mettre à bas la statue, en tant que symbole de l’esclavagisme. Jamais les Etats-Unis n’ont pleuré autant de morts qu’à l’occasion de cette première guerre moderne qui décida de leur destin entre 1861-1865 : au moins 620 000, rien que parmi les soldats, et, selon certains, 750 000, soit plus de 2 % de la population ! Jamais non plus on n’a vu de guerre qui, un siècle et demi plus tard, continue à faire des victimes.

Cette nuit de dimanche à lundi, Noirs et militants d’extrême droite sont rassemblés de part et d’autre de la statue « raciste ». Un cri fuse : « Va te faire foutre, sale nègre ! On va te pendre ! » L’homme qui hurle a surgi d’un pick-up, vitre baissée. Aussitôt, les manifestants cherchent un abri. Et dégainent. En Virginie, comme dans tous les Etats du Sud, ce qui étonne le plus les Français, c’est le nombre d’armes en circulation. A côté, les émeutiers de Los Angeles ont l’air de pacifistes.
La confrontation n’est pas nouvelle. A peine est-ce pire que d’habitude.

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Je suis le président du KKK de la Virginie

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Une semaine plus tôt, le dimanche 7 juin, un pick-up bleu a foncé sur une autre manifestation antiraciste. A son bord, Harry Rogers, accompagné d’un(...)


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