Et si les déserteurs de Daesh combattaient désormais contre lui ?

Et si les déserteurs de Daesh combattaient désormais contre lui ?

Pour combattre efficacement un ennemi, il faut le connaître. Et qui connaît mieux l’autoproclamé Etat islamique que celles et ceux qui ont choisi de rejoindre ses rangs... pour revenir après ? Car il y en a : des chercheurs londoniens ont réussi à identifier au sein de Daesh, depuis un an, une soixantaine de déserteurs.

Ils estiment aussi qu'entre juin et août 2015 seulement, 17 autres personnes ont pris la décision de tourner le dos à l'Etat islamique. Probablement plus : le décompte se révèle difficile à effectuer avec justesse car les déserteurs craignent les représailles.

Assurer la sécurité de ces repentis

Pour les chercheurs du Centre international d’étude de la radicalisation (ICSR) du King’s College (Londres), ces déçus pourraient se révéler être des mines d’informations pour lutter plus efficacement contre l’avancée de l’Etat islamique.

Dans cette optique, ils se sont penchés sur les témoignages de 58 déserteurs : 51 hommes et 7 femmes de 17 nationalités différentes. Qu’ils soient originaires de Turquie, d’Australie, de Syrie ou encore d’Europe, leur parcours a été étudié avec soin : leurs motivations à rejoindre l’Etat islamique comme leurs motivations à le quitter ont été décryptées.

Pour l’ICSR, une autre certitude : "L’existence même de ces déserteurs remet en cause l’image d’unité et de détermination que l’El cherche à montrer". Dans la foulée, le Centre presse les gouvernements pour qu’ils reconnaissent « la valeur et la crédibilité de ces témoignages" tout en leur conseillant d’assurer la sécurité de ces repentis, qui pourraient se révéler utiles pour combattre Daesh.

Extrême brutalité

Les raisons qui poussent ces anciens convaincus à rebrousser chemin ? Le fait que Daesh semble préférer combattre les autres musulmans sunnites plutôt que de se liguer contre Bachar al-Assad, notamment. Et puis, bien entendu, les atrocités : "Au moins la moitié d’entre eux, expliquent les chercheurs du King’s College, se montrent indignés par l’extrême brutalité et les violences infligées aux personnes qu’ils prétendent au contraire vouloir défendre les musulmans sunnites de Syrie et d’Irak".

Au quotidien Sud-Ouest, un déserteur de 27 ans témoignait déjà en février de la tension et de la division qui gangrène les troupes de l'Etat islamique. Le jeune homme affirme être parti après avoir été choqué par la décapitation d'un enfant de 14 ans que l'on accusait d'avoir "maudit dieu".

La réalité du terrain, aussi, bien éloignée des promesses vues et entendues via les vidéos de propagande en ligne, en a fait déchanter beaucoup : "Les Occidentaux semblent trouver difficile les coupures d’électricité et le manque de produits de base", précise encore l’étude.

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