Eswatini: une délégation de la SADC sur place après des manifestations meurtrières

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La délégation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), emmenée par un ancien ministre sud-africain, est arrivée dans le royaume, jeudi 21 octobre, après les violentes manifestations de ces derniers jours. Selon la société civile, au moins sept personnes ont été tuées mercredi lors d’une manifestation contre le régime. La monarchie de Mswati III est de plus en plus décriée.

Cette manifestation, à l’appel de fonctionnaires, avait été autorisée par les autorités avant d’être finalement interdite. Mercredi, la police et l’armée ont tenté de bloquer et de disperser plusieurs centaines de manifestants qui tentaient de se rassembler dans la capitale Mbabane.

Mercredi soir, le syndicat des fonctionnaires donnait comme bilan un mort et au moins 80 blessés. Dans la matinée du jeudi 21 octobre, la société civile parlait de sept personnes tuées, un chiffre qui reste encore à confirmer. Pour rappel la dernière vague de contestation en mai et juin 2021 avait fait plus d’une vingtaine de morts.

Les manifestants réclament plus de démocratie dans cette monarchie absolue, la dernière du continent, où le Premier ministre est choisi par le roi et les partis politiques sont interdits depuis plus de 40 ans. Les manifestants veulent donc un changement de Constitution, plus de liberté politique, de liberté d’expression. Ils demandent également la libération de deux députés, emprisonnés depuis juillet, qui ont été inculpés pour trahison et meurtre après avoir demandé des réformes et soutenu le mouvement de contestation.

Jeudi matin, une partie de la capitale était à l’arrêt, tous les services de l’État étaient fermés. Les écoles, lycées et universités n’accueillent pas d’élèves depuis plus d’une semaine. Seule une partie des commerces étaien ouverts.

« L'économie s'écroule et le roi mène un train de vie obscène »

La SADC, elle, a fait son retour en Eswatini. C'est la deuxième visite d'une de ses délégations en quatre mois. En juillet dernier, plusieurs ministres sud-africains, zimbabwéens et botswanais s'étaient déjà déplacés à Mbabane pour y rencontrer les autorités, après des manifestations violentes : une trentaine de manifestants tués et plusieurs commerces et usines liés à la famille royale incendiés.

Cette fois, la SADC espère convaincre Mswati III d'entamer un dialogue avec l'opposition et la société civile. Un mouvement dont les positions se durcissent, explique Bheki Makhubu, rédacteur en chef de The Nation Magazine, le plus grand quotidien du pays :

« Il y a une déconnexion grandissante entre le roi et les habitants. Le roi a un mode de vie avec lequel les gens ne s’identifient plus. Nous avons une économie qui s’écroule et un roi qui mène un train de vie obscène. Il s’achète des Rolls-Royce et autres produits de luxe. Nous assistons à des changements dans les revendications, notamment sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit plus d’appel à la réforme mais à l’abolition de la monarchie. »

Depuis jeudi soir, les manifestations sont désormais interdites dans le pays.

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