"Essentielle maman", la chronique d'Anne Roumanoff

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Une maman, on la connaît depuis qu'on est né, alors on fait semblant de croire qu'elle sera toujours là. On sait bien qu'un jour elle peut disparaître, mais on essaie de ne pas y penser. Un coup de fil : "Maman a eu un AVC mais léger… Vas-y tout de suite!" Le cœur s'emballe. On a les larmes aux yeux. Vite, partir. Salle d'attente des urgences. "Quel nom, vous dites? Cette personne n'est pas dans nos listings." Le cœur s'arrête. "Parlez plus fort, je ne comprends rien avec le masque. Ah si, je l'ai trouvée. Patientez s'il vous plaît." L'interne arrive enfin, il nous semble bien jeune mais c'est le principe des internes. On est suspendu à ses lèvres. Le langage est technique.

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Ça parle d'investigations complémentaires, d'IRM, de scanner, de séquelles, de pronostic vital qui n'est pas engagé rassurez-vous. On comprend un mot sur deux mais on acquiesce d'un air entendu. Attendre encore, on ne sait plus trop combien de temps, et on la voit enfin. Toute tassée dans le lit d'hôpital, vulnérable avec ses perfusions. Presque penaude de nous avoir fait du souci, elle sourit comme pour nous rassurer. Devenir d'un coup la maman de notre maman. La protéger, la soigner.

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On le sait, maintenant qu'on est à peu près grand, une maman, ça fait juste du mieux qu'elle peut

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Maman qui nous a tellement répété : "Mange, arrête de manger, range ta chambre, va dormir, debout!, réveille-toi, habille-toi, lave-toi...


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