Essai Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch - La plus vendue, c'est elle

feedback@motor1.com (Yann Lethuillier)
Essai Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch

Même si le diesel n'est plus en odeur de sainteté, l'Audi A4 se vend encore aujourd'hui majoritairement en diesel.

L'Audi A4, pour faire simple, c'est 7,5 millions d'unités vendues depuis 1994 et la première génération. Depuis, cinq générations se sont succédées, toujours auréolées de succès. En 2018, l'A4 représentait toujours une voiture construite sur cinq par Audi. Ce chiffre est assez éloquent, surtout connaissant la diversité de la gamme actuelle. En France, les berlines n'ont plus forcément le vent en poupe. L'Hexagone est devenu un marché de petite voiture d'une manière générale, c'est donc en toute logique que nous retrouvons les Audi Q2, A3 et A1 sur le podium des ventes en 2018, suivies par le duo de SUV Q3 et Q5 et enfin par l'A4, en sixième position, avec 4577 immatriculations sur l'année. À la fin du mois de septembre 2019, 3003 unités ont été écoulées. Les ventes ont diminué par rapport à la même période l'an passé, mais nul doute que ce profond restylage devrait permettre de les relancer même si, globalement, les SUV conservent toujours une sacrée longueur d'avance aux yeux des clients.

Essai Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch

Restylage de fond en comble ?

Une fois n'est pas coutume au sein du groupe Volkswagen, ce restylage est bien plus profond qu'il n'y paraît. Ça devient d'ailleurs une petite habitude pour Audi, en témoigne le récent restylage du Q7, lui aussi très marqué. Esthétiquement, vous aurez sans doute remarqué les nouvelles optiques à l'avant, la calandre Single Frame élargie avec les petits évents au sommet, ainsi que la nouvelle signature lumineuse à l'arrière. En réalité, les changements sont bien plus profonds que ça puisque les flancs ont été resculptés, occasionnant ainsi de lourds investissements industriels. Le jeu en vaudra-t-il la chandelle ? Rendez-vous d'ici quelques années pour faire le bilan.

À son bord, les changements sont beaucoup moins marqués. On retrouve désormais un nouvel écran tactile, plutôt bien fait avec une belle ergonomie et des menus fluides et rapides. C'est assez rare pour le souligner. Conséquence de l'écran devenu tactile : la disparition de la molette sur la console centrale au profit d'un petit rangement fermé. Les plus observateurs, ou bien les possesseurs de l'ancienne version, remarqueront aussi de petites modifications au niveau du Virtual Cockpit avec une meilleure définition. Du côté des aspects pratiques, l'Audi A4 Avant n'évolue pas par rapport à avant, deux adultes seront confortablement installés à l'arrière tandis que la place centrale est toujours aussi inconfortable en raison d'une assise dure et un tunnel de transmission omniprésent. Le coffre est annoncé à 495 litres, ce qui est globalement dans la moyenne haute de la catégorie, la palme revenant à la nouvelle BMW Série 3 Touring et ses 500 litres de volume de coffre annoncés.

Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch
Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch

Des changements apportés aussi au niveau du moteur

Si l'Audi A4 évolue au niveau du style et de sa technologie embarquée, c'est également le cas sous le capot. Nouvelle nomenclature Audi oblige, notre version 35 TDI comme il est désormais coutume de l'appeler, embarque le fameux quatre cylindres 2,0 litres TDI dont la puissance passe de 150 à 163 chevaux et 380 Nm de couple. Outre les 13 chevaux supplémentaires, ce sont surtout les 60 Nm de plus qui font la différence. Les ingénieurs ont apporté quelques modifications comme, par exemple, l'incorporation d'un nouveau vilebrequin en aluminium ou encore d'une hybridation légère composée d'une batterie lithium-ion et d'un alterno-démarreur. Ce système n'assiste pas directement le moteur thermique, comprenez donc par là qu'il n'agit pas comme un boost mais plutôt comme nouvelle source d'alimentation pour permettre, par exemple, au système s'assistance de direction de fonctionner. Dans les faits, cela donne une voiture homologuée à 102 g/km de CO2, elle est donc exemptée de malus écologique, mais ce sont surtout les consommations qui raviront les utilisateurs avec environ 6,5 l/100 kilomètres relevés sur notre parcours, sans avoir véritablement ménagé notre monture.

Homogène à tous les niveaux

Comme d'habitude, le 2,0 litres TDI du groupe Volkswagen ne déçoit pas, encore moins avec cette petite majoration de puissance qui permet de gagner 0,5 seconde sur le 0 à 100 km/h et de tomber à 8,5 secondes désormais. Souple et homogène, il sait se montrer vigoureux lorsque l'on commence à jouer avec l'accélérateur, notamment sur notre parcours d'essai constitué de routes plutôt vallonnées. Moteur diesel oblige, on ne peut passer à côté de quelques vibrations au ralenti et d'un bruit peu agréable à l'oreille, mais relativement bien calfeutré une fois que nous sommes au sein de l'habitacle. La boîte de vitesses à double embrayage à sept rapports est toujours aussi douce, attention toutefois en conduite dynamique où elle vous punira de quelques à-coups assez brusques et peu agréables si vous vous sentez pousser des ailes. Si vous aimez prendre la main sur la boîte de vitesses et gérer vous même les passages de rapports via les palettes au volant, vous ne serez pas totalement libre de vos envies, la boîte n'autorisant pas n'importe quel changement de rapport sur n'importe quelle plage d'utilisation. Ce moteur contient également une fonction roue libre pour diminuer encore plus les consommations, mais nos conditions d'essai n'ont jamais permis de le tester.

En ce qui concerne le châssis, nous avons préféré les deux roues motrices au système quattro sur ce type de motorisation. En effet, l'usage des quatre roues motrices et surtout son ajout de poids n'est pas vraiment nécessaire sur ce type de configuration, d'autant plus qu'elle se montre tout à fait rigoureuse en simple traction. Le système quattro a sans doute ses avantages sur des surfaces moins conventionnelles, mais sûrement pas sur nos routes d'essai. Le châssis de notre Audi A4 Avant ne se montre pas aussi affûté que celui d'une Alfa Romeo Giulia, il brille plutôt par sa rigueur, un peu à l'image d'une Mercedes Classe C, sauf que cette dernière est un peu plus confortable. Le confort est toutefois assez correct, bien qu'un poil sec sur de petites compressions, la faute à des suspensions plutôt fermes et les jantes de 18 pouces de notre version d'essai (de série sur notre finition S line). La suspension pilotée, disponible en option, corrigera sûrement le tir, mais est-ce que cela vaut un investissement supplémentaire de 1190 euros ? Peut-être pas.

Essai Audi A4 Avant 2.0 TDI 163 ch
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Rude concurrence

Les concurrentes de l'Audi A4 Avant sont nombreuses. BMW vient de renouveler sa Série 3 Touring, qui sera d'ailleurs disponible à la commande dès le mois prochain avec, en diesel, les blocs de 150 et 190 chevaux qui se rapprochent le plus de notre Audi. Chez Mercedes, il y a évidemment la Classe C break 200d avec ses 160 chevaux, chez Volvo les V60 D3 (150 chevaux) et D4 (190 chevaux) et du côté des françaises, la Peugeot 508 SW et son BlueHDI de 160 chevaux. L'Audi A4 Avant démarre à partir de 35'300 euros, mais il faudra compter environ 50'000 voire même pratiquement 60'000 euros pour notre version S line avec quelques options supplémentaires. L'Audi A4 Avant se distingue avant tout par son homogénéité et par ses technologies, parfaitement maîtrisées, surtout en matière d'assistances à la conduite, où nous n'avons rien eu de rédhibitoire à signaler quand nous avons testé l'aide au maintien dans la voie ou encore le régulateur adaptatif. Vous nous excuserez de ne pas avoir essayé le freinage automatique d'urgence, mais notre conscience professionnelle a ses limites dans certains cas.

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  Points positifs Points négatifs Consommations maîtrisées Suspensions un peu trop sèches Performances du moteur Beaucoup d'options au catalogue Voiture homogène À-coups de la boîte de vitesses à certains moments
Audi A4 Avant MotorisationDiesel TDI, quatre cylindres en ligne, 1968 cm³, turbo Puissance163 chevaux (de 3250 à 4500 tr/min) Couple maximum380 Nm (de 1500 à 2750 tr/min) TransmissionBoîte robotisée à double embrayage à sept rapports - S tronic Type de transmissionTraction 0-100 km/h8,5 secondes Vitesse maximum210 km/h Longueur4,73 mètres Largeur1,84 mètre Hauteur 1,43 mètre Poids1615 kg (à vide) Volume de coffre495 litres Places5 Economie de carburantUrbain : 4,3 l/100 km / Extra-urbain : 3,9 l/100 km / Mixte : 3,6 l/100 km Émissions102 g/km de CO2 En vente2019 Prix de base35'300 € Prix de la version testée58'685 €