Les espoirs et les difficultés des étudiants étrangers

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Le magazine scientifique Nature vient de publier sa grande étude mondiale annuelle sur les expériences des étudiants de troisième cycle (master et doctorat). 3 250 étudiants ont été interrogés. Parmi eux, 29 % sont des étudiants internationaux (contre 37 % en 2019, sans doute à cause d’un effet Covid). “Ils ont généralement des raisons d’être optimistes, mais ils voient aussi des obstacles à leur carrière et à leur avenir”, résume Nature. En effet, de plus en plus de pays, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Chine, ont augmenté leurs investissements dans la recherche, ce qui les rend plus attractifs pour les étudiants. Cette tendance serait bien plus forte et pérenne que les difficultés de mobilité et de recrutement liées à la pandémie, même si les contraintes sanitaires et les problèmes d’obtention de visas ont marqué les esprits.

65 % des étudiants internationaux de l’enquête se disent satisfaits de leurs cursus, contre 61 % des étudiants nationaux. Parmi leurs motivations, on trouve :

  • la possibilité de découvrir une autre culture (49 %) ;

  • l’accès à des financements qu’ils n’auraient pas eus dans leur pays (45 %)

  • plus d’opportunités professionnelles (44 %) ;

  • plus de cursus de qualité que dans leur pays (37 %).

Pour autant, la vie d’étudiant international est loin d’être facile. 26 % d’entre eux déclarent avoir été victimes de discrimination ou de harcèlement, notamment raciste, contre 17 % des étudiants nationaux. Keerthiraju Ravichandran, étudiant indien sur le point d’obtenir son doctorat à l’université Jagellonne de Cracovie, en Pologne, dit ainsi ressentir un fort sentiment anti-immigrés chaque fois qu’il se rend au bureau polonais de l’immigration pour renouveler son visa d’un an. Quant au postdoctorant chinois Xiangkun Cao, qui travaille au Massachusetts Institute of Technology, il évoque les moqueries des professeurs au sujet de l’accent des étudiants étrangers. Il souligne également que les étudiants étrangers sont souvent désavantagés une fois leur diplôme en poche s’ils veulent poursuivre leur formation ou commencer une carrière car de nombreuses bourses ne sont accordées, aux États-Unis par exemple, qu’aux Américains et aux résidents permanents. Une injustice, selon lui, parce que “nous voulons juste pouvoir avoir notre chance”. Enfin, Lizhou Wang est chinoise et étudie les expériences des étudiants internationaux dans le cadre de son doctorat au Boston College. Elle tient également à rappeler que, si les universités cherchent à attirer des étudiants étrangers car ils paient des frais d’inscription plus élevés, “il y a des étudiants très riches qui ne se soucient pas vraiment de l’argent, et il y en a d’autres qui ont vraiment besoin d’un soutien financier”.

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