Un espoir

Libération.fr

Alain Juppé a donc ôté à son camp tout espoir de voir son destin se séparer de celui de Fillon. La droite française se retrouve avec un candidat affaibli et, aux yeux de beaucoup d’électeurs, discrédité. La majorité de l’opinion vit cette affaire comme un cauchemar. Elle a tort : il faut aussi y voir des raisons d’espérer. D’abord parce que l’immoralité, au bout du compte, ne paie pas. Il y a toujours des hommes politiques corrompus en démocratie. Ce qui compte, c’est la réaction de la société à ces manquements. Cette réaction a été saine. Fillon pâtit aujourd’hui du décalage entre ses promesses et son comportement. Il a promis de se retirer s’il était mis en examen. Mais il est toujours là. Il a promis d’économiser l’argent public, par exemple en réduisant de 500 000 postes les effectifs de la fonction publique. Mais il a usé de cet argent public pour rémunérer son épouse dans des conditions douteuses. Il dénonce les juges et les journalistes. Mais il s’était appuyé sur eux pour battre Sarkozy dans la primaire. En un mot, il a contredit ses paroles par ses actes : il est sanctionné. L’autre raison d’espérer, c’est le refus d’un certain extrémisme. Certes, le discours très à droite de Fillon tend à légitimer le Front national. Mais il chasse aussi les électeurs Les Républicains plus modérés vers le centre. Contrairement à ce qu’on dit souvent, les électeurs se déterminent aussi sur les programmes, pas seulement sur les hommes. Le programme de Fillon inquiète les gens raisonnables. Si bien que le grand bénéficiaire de cette séquence s’appelle Emmanuel Macron. Non seulement il peut récupérer nombre d’électeurs de la droite républicaine rebutés par Fillon, mais cet afflux peut aussi entraîner vers lui une partie de la gauche. Voyant dans les sondages que Macron a une plus grande chance de battre Fillon et de figurer au second tour, ils seront tentés d’assurer cette victoire pour chasser le cauchemar d’un second tour Fillon-Le Pen. Le calcul cynique de Fillon se (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

«La France, c’est les gens qui sont ici»
Dans l’Aube, les affaires confortent l’abstention
Par ici la bonne soupe
«La France, c’est les gens qui sont ici»
«Le sida a fait progresser le respect dû au malade»

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages