Espagne: polémique sur la loi du consentement sexuel

AP - Armin Durgut

Approuvée le 7 octobre, la loi du consentement sexuel avait été présentée par le gouvernement socialiste comme une grande conquête féministe. En gros, elle stipule qu’une femme doit dire pleinement « oui » afin qu’un rapport sexuel ne soit pas considéré comme un viol. Ce texte émanait d’un viol collectif aux fêtes de Pampelune en 2016. Or, cette loi est désormais très polémique, car elle a donné lieu à des baisses de peines.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Avec cette nouvelle loi, il a suffi que quelques délinquants sexuels sortent de prison préventivement et que quelques peines soient abaissées. Et cela a mis le feu aux poudres.

Au sein du gouvernement, les ministres de la gauche radicale et socialistes ont immédiatement accusé les juges en question d’avoir fait « une interprétation machiste et misogyne de cette loi ».

En face, le conseil de la magistrature s’est défendu en disant que le problème réside en ce que la loi aurait été mal conçue, et donnerait ainsi lieu à des sanctions contradictoires et polémiques.

Du coup, gouvernement et pouvoir judiciaire, déjà à couteaux tirés, s’invectivent de plus belle. Qu’en est-il exactement ? Peut-être que les deux accusations sont vraies. Le cœur de la loi est de ne plus distinguer entre abus sexuel et viol, mais aussi de prévoir paradoxalement une fourchette de peines plus ample qu’avant, d’où le fait que certains délinquants ont vu leurs sanctions réduites.

Dans le même temps, on sait que de nombreux magistrats étaient opposés au fait de faire coïncider abus sexuel et viol, il se peut donc que certains aient pris le parti d’édulcorer leur verdict.


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