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Espagne: polémique autour de mineurs marocains expulsés en 2021

En août 2021, l’Espagne avait renvoyé 45 mineurs marocains qui étaient entrés illégalement dans la ville de Ceuta. Lundi 22 janvier, le Tribunal suprême a considéré que ce renvoi était purement «illégal». Or, ce mercredi, le ministre de l’Intérieur, Grande-Marlaska, soutient leur renvoi et défend pleinement ces actions, faites «au nom de l’intérêt des mineurs».

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, se trouve dans une fâcheuse situation. Alors qu’il s’oppose à la droite en disant qu’il n’y a pas de lien avéré entre délinquance et immigration illégale, une immigration illégale qui a augmenté l’an dernier de 23%, le voici le dos au mur face à la justice. Le Tribunal suprême estime - en effet - que ce même ministre a procédé en 2021 à un renvoi de 45 mineurs marocains depuis Ceuta, ce qui contreviendrait la Convention européenne des droits de l’homme.

Un « dispositif de retour »

Grande-Marlaska affirme, lui, qu’il ne s’agissait pas d’expulsion, mais de « dispositif de retour » qui avait fait l’objet d’un accord bilatéral avec le Maroc. Ces 45 adolescents marocains étaient entrés dans la ville espagnole de Ceuta dans le cadre d’un afflux massif de 8 000 personnes, en mai 2021, grâce au laxisme des gendarmes marocains.

Pendant trois mois, ces 45 mineurs avaient erré dans les rues de Ceuta, jusqu’à ce que le ministère espagnol les reconduise à la frontière avec le Maroc. Grande-Marlaska clame aujourd'hui son bon droit, mais ses ennuis judiciaires ne font que commencer.


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