Espagne : “le pays le plus agréable du monde” risque de devenir inhabitable

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Après l’année qu’il vient de passer à Madrid, le journaliste britannique Simon Kuper en est convaincu : l’Espagne est “le pays le plus agréable du monde” – à vrai dire, plus encore pour les étrangers qui ont la chance d’y vivre que pour l’“Espagnol moyen”. Mais la poussière orange venue du Sahara qui s’est accumulée sur son balcon ce printemps lui est soudain apparue comme un sombre présage. “Dans cinquante ans, y aura-t-il encore des habitants dans le centre du pays ? ” se demande-t-il avec angoisse dans sa chronique du Financial Times.

Du point de vue politique et économique, le bilan qu’il dresse des évolutions qu’il a constatées est assez largement favorable. “Comme le dit l’écrivain Javier Cercas, les quarante dernières années ont été les meilleures dans l’histoire du pays.” La démocratie espagnole s’est stabilisée, le terrorisme a été éradiqué au Pays basque, les habitants bénéficient dans l’ensemble d’infrastructures récentes de bonne qualité et l’espérance de vie des Espagnols, qui s’établit pour le moment à 84 ans, “devrait devenir la plus élevée du monde d’ici 2040”.

Le chroniqueur reconnaît tout de même quelques bémols sur le plan social. “L’Espagnol moyen vit dans un logement souvent médiocre, habite un immeuble d’apparence soviétique et le revenu médian net n’atteint pas tout à fait 16 000 euros par an.” Mais la situation s’améliore peu à peu et le chômage reste au plus bas depuis 2008. Quant à la capitale, elle est en plein essor. “Madrid est devenu le Londres de l’Espagne, surclassant Barcelone en tant que centre d’affaires et rivalisant avec Miami pour le titre de capitale du monde hispanophone.”

“Seul signe de présence humaine : quelques éoliennes”

Reste qu’il y a en réalité aujourd’hui deux Espagne. L’une est densément peuplée, l’autre déjà quasi déserte.

“Quelques instants après que votre train a quitté Madrid ou les côtes, vous vous retrouvez dans un pays presque abandonné. Voici une image que je retiendrai de l’Espagne : une ferme inhabitée au toit rouge, perdue au milieu des friches, avec pour seul signe de présence humaine, au loin, quelques éoliennes.”

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