Espagne: le Parti populaire dans la tourmente avec l'ouverture du procès pour corruption

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Ce lundi 8 février, a commencé en Espagne un procès colossal portant sur des affaires de corruption autour du Parti populaire (PP), le principal parti de l’opposition de droite, au pouvoir de 2011 à 2018. Le procès tourne autour de l’ancien trésorier du parti entre 1990 et 2009, Luis Barcenas. Il risque une peine ferme de cinq ans pour avoir détourné de l’argent en Suisse et surtout pour avoir été le responsable d’une caisse noire.

De notre correspondant à Madrid, François Musseau

S’il y a une expression qui est revenue sans cesse au cours de cette première journée d’audience, c’est celle de « casa B ». Littéralement, la « caisse B », en opposition à la « caisse A ». Autrement dit, la caisse noire du Parti populaire, qui lui vaut ce procès.

Luis Barcenas, l‘ancien trésorier du PP, aujourd’hui désavoué et pestiféré car accusé d’avoir détourné l’argent du parti, est passé à la contre-attaque. Il reconnaît certes ses activités frauduleuses, mais celles-ci, à l’en croire, impliquent tous les dirigeants du Parti populaire des années 1990 et 2000. José Maria Aznar, ancien président du PP et ancien chef du gouvernement entre 1996 et 2004, n'est ainsi pas épargné.

Mariano Rajoy directement visé

Au cœur de la tourmente : l’ancien chef du gouvernement de 2011 à 2018, Mariano Rajoy, aujourd’hui à la retraite mais bien éclaboussé par ce scandale. Selon Barcenas, lui et les autres dirigeants ont touché entre 5 000 et 15 000 euros par mois pendant de longues années. Un pécule issu de cette caisse noire.

L’actuel chef de file du Parti populaire, Pablo Casado, rétorque : « Ce sont des choses qui appartiennent au passé. » À l’issue de cette première journée, les socialistes au pouvoir n’ont pas résisté à la tentation de dire que ce procès est la démonstration que le Parti population est le parti de la corruption.