Espagne: manifestations de soutien au rappeur Pablo Hasél, Pedro Sanchez monte au créneau

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De nouvelles manifestations ont eu lieu ce vendredi soir 19 février, notamment en Catalogne, pour la quatrième nuit consécutive, suite à l'incarcération du rappeur Pablo Hasél, en début de semaine. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a condamné des violences inacceptables.

Deux personnes ont été arrêtées à Barcelone et deux autres à Gérone, en Catalogne, tandis que huit policiers ont été blessés dans les affrontements, a précisé la police. Six personnes ont été légèrement blessées, a-t-on indiqué par ailleurs de source médicale.

Aux cris de « Pablo Hasél, liberté ! », des manifestants ont lancé ce vendredi des bouteilles contre les policiers qui entouraient le siège de la police nationale à Barcelone, avant que des groupes cagoulés ne s'en prennent aux vitrines d'agences bancaires et de commerces de la ville, dont plusieurs ont été mis à sac, selon la police.

Pedro Sanchez prend la parole pour la 1ère fois

Il s'agissait de la quatrième nuit consécutive de manifestations en réaction à l'incarcération de Pablo Hasel, 32 ans, condamné à neuf mois de prison pour des tweets dans lesquels il insultait la monarchie et la police, ainsi que pour apologie du terrorisme. De nouvelles manifestations sont attendues ce samedi, avec des rassemblements prévus à Barcelone, Madrid, Pampelune et Logrono dans le nord du pays, et Majorque.

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez est monté brièvement au créneau vendredi, en marge d'un déplacement en Extrémadure, alors qu'il avait gardé le silence jusqu'alors. Un silence qui lui a été reproché par la droite. Il a qualifié la violence « d'inadmissible ». Elle est « une atteinte à la démocratie. Et le gouvernement affrontera tout type de violence », a-t-il déclaré, martelant que « l'Espagne est une démocratie pleine et entière ». Une réponse à l'aile gauche de la coalition gouvernementale, à Podemos, dont plusieurs dirigeants ont exprimé leur soutien aux manifestants. Son leader Pablo Iglesias - deuxième vice-président du gouvernement - avait ainsi affirmé qu'il n'existait pas en Espagne « une situation de normalité politique et démocratique pleine ».

Au centre de la tornade, le rappeur Pablo Hasél

Les manifestations ont commencé mardi soir en Catalogne, au nord-est de la péninsule ibérique, après l'arrestation de Pablo Hasél, 32 ans. Le rappeur s'était barricadé lundi dans une université de Lérida, sa ville natale, afin d'échapper à la prison.

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Devenu pour beaucoup un symbole de la liberté d'expression, Hasél avait été condamné à neuf mois de prison en 2018 pour des tweets dans lesquels il insultait les forces de l'ordre espagnoles et s'en prenait avec virulence à la monarchie. Il avait jusqu'à vendredi soir pour se livrer et commencer à purger sa peine de prison. La justice a annoncé jeudi une nouvelle condamnation du rappeur à deux ans et demi d'emprisonnement pour avoir menacé le témoin du procès de deux policiers municipaux en 2017.

Dans ses textes et sur les réseaux sociaux, Pablo Hasél rendait hommage à des militants de plusieurs anciens groupes armés espagnols. Parmi eux, les Groupes de résistance antifasciste du 1er octobre (Grapo), accusés d'actions violentes entre 1975 et 2003 en Espagne ou encore les indépendantistes de l'ETA. De la même manière, il accusait régulièrement les forces de l'ordre espagnoles de tortures et d'assassinats, dénonçant une « police Nazi-onale ».

(avec AFP)