Espagne: un homme condamné pour diffusion de fake news à caractère raciste sur les réseaux sociaux

AP - Gregory Bull

Mardi à Barcelone, la justice a condamné un internaute pour diffusion de « fausses informations » sur les réseaux sociaux. Une première en Espagne, avec en toile de fond des accusations et agressions racistes à l'égard des immigrés.

Il s'agit du premier procès pénal pour fake news dans le pays et de la première condamnation pour diffusion de « fausses informations » sur les réseaux. Initialement, le parquet du tribunal de Barcelone avait requis deux ans de prison, mais il a finalement trouvé un accord avec l'accusé.

L'internaute a accepté une peine de 15 mois de prison avec sursis et 1 620 euros d'amende pour avoir publié en 2019 sur Twitter une vidéo très choquante d'un homme frappant une femme, la laissant inconsciente. Son texte accompagnant la vidéo attribuait l'agression à un mineur isolé étranger - recueilli par les services sociaux - de la ville de Canet de Mar, près de Barcelone sauf que la vidéo - et il le savait - avait été tournée en réalité en Chine.

Le contexte de l'époque était particulier : en 2019 - à la publication de ce tweet - dans cette ville, le centre d'accueil pour mineurs isolés était la cible de manifestations et d'attaques racistes des habitants alors qu'un viol venait d'être commis, et que l'un des mineurs était suspecté.

Cette condamnation fait beaucoup réagir depuis mardi, à commencer par les supérieurs de cet internaute qui est gendarme, à Canet de Mar. Selon la télé catalane, la Guardia Civil - la gendarmerie - a appris la condamnation de son agent avec ce verdict mardi et elle vient d'ouvrir une procédure disciplinaire.


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