Espagne : derrière l’arrestation de Dani Alves, le dispositif anti agressions sexuelles « No Callem »

(FILES) In this file photo taken on March 13, 2022 Barcelona's Brazilian defender Dani Alves looks on during the Spanish league football match between FC Barcelona and CA Osasuna at the Camp Nou stadium in Barcelona. - Former Brazil defender Dani Alves was taken into custody on January 20, 2023 in Spain over allegations that he sexually assualted a woman at a Barcelona nightclub in December, police said. The 39-year-old player was summoned to a Barcelona police station where he was
JOSEP LAGO / AFP (FILES) In this file photo taken on March 13, 2022 Barcelona's Brazilian defender Dani Alves looks on during the Spanish league football match between FC Barcelona and CA Osasuna at the Camp Nou stadium in Barcelona. - Former Brazil defender Dani Alves was taken into custody on January 20, 2023 in Spain over allegations that he sexually assualted a woman at a Barcelona nightclub in December, police said. The 39-year-old player was summoned to a Barcelona police station where he was "taken into custody" and will now be questioned by a judge, said a spokesman for Catalonia's regional police force, the Mossos d'Esquadra. (Photo by Josep LAGO / AFP)

VIOLENCES SEXUELLES - Depuis vendredi 20 janvier, Dani Alves est en détention provisoire dans une prison de Barcelone. Le célèbre footballeur brésilien est accusé de viol par une jeune femme de 23 ans. Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 30 au 31 décembre dernier, dans une discothèque de la capitale catalane, le Sutton, qui a déclenché le protocole anti agressions « No Callem » permettant l’arrestation du footballeur de 39 ans.

Ce dispositif (dont le nom signifie « Nous ne nous taisons pas » en catalan) a été mis en place par la mairie de Barcelone en 2018. Son objectif est de lutter contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles dans les lieux publics, notamment dans les boîtes de nuit et les festivals.

Il est aujourd’hui appliqué par 39 lieux de la ville, dont 25 discothèques et huit festivals de musique, mais aussi par des lieux touristiques et sportifs comme le centre culturel Albareda et le stade Olympique, selon le site de la mairie. Il est uniquement effectif dans la capitale catalane.

Prise en charge par la boîte de nuit

Le protocole prévoit d’abord une formation pour l’ensemble du personnel des lieux souhaitant l’appliquer. Dispensée par la mairie, elle comprend des actions de prévention, indique comment réagir en cas d’agression ou de viol, comment reconnaître une victime et détecter un agresseur.

Concrètement, ce dispositif permet la prise en charge de la potentielle victime, en l’isolant dans un endroit calme. Un responsable lui apporte son soutien et prévient les secours et les autorités, selon un article de RFI. La jeune femme qui accuse Dani Alves a été prise en charge par le personnel du Sutton alors qu’elle s’apprêtait à partir, visiblement en état de choc.

La discothèque peut aussi conserver toutes les preuves nécessaires et retenir le potentiel agresseur jusqu’à l’arrivée de la police. Dans le cas de Dani Alves, le footballeur avait déjà quitté les lieux. Mais le Sutton a pu protéger les toilettes VIP, lieu de la présumée agression, pour permettre aux autorités de faire des prélèvements. Les vidéos de surveillance ont aussi été remises à la police.

« Seul un oui est un oui »

Ce n’est que trois semaines plus tard que le footballeur a été placé en garde à vue, suite à l’ouverture d’une enquête « pour un délit présumé d’agression sexuelle à la suite de la plainte présentée par une femme (elle a été déposée le 2 janvier, ndlr) contre un joueur de football » par un tribunal de Barcelone.

Si Dani Alves a d’abord déclaré ne pas connaître la plaignante, le footballeur a changé sa version des faits devant les preuves vidéos fournies par le Sutton, selon les informations de RMC Sport. Il a admis avoir eu des relations sexuelles avec elle mais de manière consentante.

La plaignante dit de son côté avoir été giflée et jetée au sol. Elle accuse le joueur de l’avoir forcée à lui faire une fellation et de l’avoir pénétrée jusqu’à l’éjaculation. La présence de sperme aurait été détectée sur sa robe déchirée, toujours selon RMC, suite à des prélèvements effectués à la sortie de la discothèque, à l’hôpital Clínic. Dani Alves encourt jusqu’à 12 ans de prison.

Le protocole « No Callem » n’est pas la seule mesure mise en place en Espagne pour lutter contre les violences sexuelles. Depuis l’été 2022, une nouvelle loi surnommée « Seul un oui est un oui » a introduit l’obligation du consentement explicite lors de relations sexuelles, impliquant que tout acte sexuel sans consentement pourra être considéré comme un viol.

À voir également sur Le HuffPost :

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Lire aussi