En Espagne, les Catalans ouvrent la voie à une reconduction du Premier ministre

En Espagne, la voie est libre pour la reconduction de Pedro Sanchez au poste de Premier ministre. Le parti indépendantiste catalan ERC a accepté jeudi soir de s’abstenir lors du prochain vote d’investiture du candidat Pedro Sanchez. Le pays connaît depuis des années une instabilité politique chronique.

Le Conseil national d’ERC (Gauche républicaine de Catalogne) a donc été dans le sens de ses dirigeants en validant leur décision de ne pas barrer la route à Pedro Sanchez.

Les socialistes, alliés avec le parti de gauche radical Podemos, ne comptent que 155 députés sur 350 au Parlement, il leur faut l’appui d’autres formations – les nationalistes basques du PNV ont déjà apporté leurs voix, mais cet appui peut aussi se traduire par une abstention lors du vote d’investiture.

En échange, ERC avait demandé un geste politique en faveur de leur dirigeant Oriol Junqueras condamné en octobre dernier à 13 ans de prison pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Et lundi, l’avocat de l’État a demandé à la Cour suprême de le laisser sortir temporairement de prison pour prendre ses fonctions de député européen.

Par ailleurs, selon les socialistes, l’accord conclu avec ERC prévoit l’ouverture de négociations entre le gouvernement d’Espagne et l’exécutif de Catalogne, dans les 15 jours. Ensuite, les citoyens de Catalogne doivent être « consultés » sur les mesures proposées.

La droite et l’extrême droite accusent Pedro Sanchez de se faire l’otage des indépendantistes. De son côté, ERC est critiqué par les autres indépendantistes, l’association ANC met en garde contre « les risques de cet accord pour le processus d’autodétermination de la Catalogne ».

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