Espagne: au Covid, s'ajoutent la hausse des prix et la progression du chômage

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En ce début d’année, les prix ont pris l’ascenseur en Espagne. La TVA sur certains aliments a été revu à la hausse ainsi que les carburants, l’électricité ou l’impôt sur le revenu alors que les Espagnols se sont appauvris ces derniers mois avec 37 000 nouveaux chômeurs en décembre dernier, soit 16,4% de la population sans emploi.

Avec notre correspondante à Madrid, Diane Cambon

La redoutable « ascension » du mois de janvier aura bien lieu cette année en Espagne. C’est ainsi que les Espagnols nomment la hausse des prix qui accompagne la nouvelle année. Or, cette fois, les augmentations sont plus dures à avaler alors que la pandémie du Covid-19 a mis fin à six ans de croissance de l’emploi. Certains produits comme les aliments et boissons sucrées connaissent un pic fulgurant de la TVA passant de 10 à 21%.

Le prix des céréales est également revu à la hausse faisant monter de 10 à 20 centimes le prix du pain. Mais c’est surtout le prix du gaz avec une hausse de 6% ou de l’électricité de 27% qui font le plus grincer. Car cela ne pouvait que plus mal tomber, alors qu’une vague de froid s’est abattue sur la péninsule, laissant des flocons de neige de l’Andalousie aux Pyrénées.

Le chauffage est devenu pour beaucoup un luxe. La pauvreté énergétique affecte 10% de la population. Le parti Podemos de gauche, allié des socialistes au gouvernement, a demandé qu’aucun foyer ne se retrouve sans électricité. Un vœu non exaucé car près de 2000 familles vivent dans la banlieue de Madrid depuis 90 jours sans lumière.

► Confinement, fermetures, les commerces espagnols accusent le coup

En Espagne, les soldes ont commencé jeudi 7 janvier mais en Catalogne de nouvelles restrictions annoncées par le gouvernement régional risquent de sérieusement perturber la saison pour les commerces.

Avec notre correspondante à Barcelone, Elise Gazengel

À Barcelone, les soldes viennent de commencer dans une ambiance un peu morose. Les autorités catalanes ont annoncé de nouvelles restrictions obligeant les commerces non-essentiels à fermer le week-end. Une nouvelle qui a forcé Emma Frigola, gérante d'un petit magasin de vêtement, à s'adapter : « On a décidé de ne plus fermer le midi pour qu'au moins dans cette frange horaire où avant on ne facturait pas, on puisse équilibrer la balance des samedis et dimanches perdus. On n'y arrivera pas mais la baisse des ventes sera peut-être moins forte. »

Les promotions en click and collect se multiplient sur les sites internet des grands magasins et les petits commerces, eux, accusent le coup même s'ils comprennent leurs clients à l'image d'Ana Jimenez, responsable d'un magasin de chaussures : « C'est normal ça ne les arrange pas parce qu'ils travaillent du lundi au vendredi et ils ne pourront plus venir les samedis.. C'est pour ça que c'est le jour où on faisait le plus de ventes, les samedis... alors cette mesure est désespérante et désagréable. »

Ces restrictions devraient durer 10 jours, mais peu de commerçants sont optimistes. Ils craignent même de nouvelles mesures plus drastiques face aux mauvais chiffres : les cas de Covid-19 ont augmenté de 35% en 2 semaines dans la région.