Espagne: arrestation du rappeur catalan Hasél condamné pour des «tweets» contre les institutions

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Le rappeur catalan Hasél a été arrêté ce mardi matin à Lleida alors qu’il s’était réfugié depuis vendredi dans les locaux de l’université, entouré d’une trentaine d’étudiants. L’artiste a été condamné à neuf mois de prison pour une chanson et des « tweets » attaquant la couronne et les forces de l'ordre.

La mobilisation des jeunes et de différents artistes espagnols n’a pas suffi à empêcher l’arrestation du rappeur Hasél ce mardi 16 février, rapporte notre correspondante à Madrid, Diane Cambon. Le chanteur catalan de 32 ans – de son nom originel Pablo Rivadulla Duro – a rejoint la prison pour avoir, dans ses textes, incité à la violence, selon la justice. Il avait été condamné à neuf mois de prison pour apologie du terrorisme, injures et calomnies à l’encontre de la Couronne et de l’État espagnol.

Paroles polémiques

Les paroles de ces chansons sont certes polémiques, elles valorisent les attentats des terroristes basques de l’ETA ou d’al-Qaïda contre des cibles politiques : un de ces raps s'en prend par exemple à un dirigeant socialiste basque, Patxi Lopez. « Cela ne m’attriste pas que l’on te tire une balle dans la nuque, Patxi Lopez. »

Mais dans ses tweets, il qualifiait notamment les forces de l'ordre espagnoles de « mercenaires de merde », les accusait de torture et d'assassinats et s'en prenait également à la monarchie.

Liberté d'expression

Ses défenseurs et lui-même revendiquent le droit à la liberté d’expression. Mais les frasques du rappeur Hasél vont plus loin : il est également accusé d’avoir agressé un journaliste et d’avoir battu un témoin dans un procès.

Très soutenu dans les milieux radicaux, Hasél avait refusé de se rendre volontairement à la prison vendredi dernier « par honneur », disait-il. Avant de monter dans le fourgon des policiers, il s’est adressé ce matin à la foule en prononçant cette dernière phrase : « C'est l'État fasciste qui m'arrête. Mort à l’État fasciste. »