Esclavage aux États-Unis: l'université de Harvard fait son introspection

C'est l'examen de conscience de l'une des plus prestigieuses universités américaines : un rapport sans concessions, sur ses liens avec l'esclavage, que publie l'université de Harvard, aux États-Unis. Il y est question de comment elle a profité directement et indirectement de l'asservissement des Afro-Américains, et de comment elle entend réparer.

Avec notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin

Ils sont 79. Des hommes, des femmes et parfois des enfants afro-américains, à avoir été réduits en esclavage au sein même de Harvard. Ils étaient la propriété de dirigeants, de professeurs ou de l'université elle-même, qui forme les élites américaines depuis près de 400 ans.

Cela s'est arrêté au XVIIIe siècle avec la fin de l'esclavage dans l'État du Massachusetts, où se trouve le prestigieux établissement.

Mais ce n'est pas tout. L'institution a continué à en profiter par la suite, avec les financements venant d'entreprises et de particuliers liés à l'esclavage ailleurs aux États-Unis.

Enfin, l'université a aussi contribué à justifier académiquement le racisme et l'esclavage. Certains de ses professeurs ont défendu, par le passé, l'inégalité naturelle des races et l'eugénisme. Ainsi, le président de Harvard Lawrence Bacow reconnaît une responsabilité morale et un devoir de réparer.

Un fonds de 100 millions de dollars est prévu à cet effet. Il ne financera pas les descendants des esclaves de Harvard. C'est plutôt dans le domaine de l'éducation que l'argent va servir.

Et ce, en renforçant les partenariats avec les établissements universitaires historiquement noirs, pour que les professeurs de Harvard y enseignent et pour accueillir davantage d'étudiants afro-américains. Actuellement, ces derniers représentent un peu plus de 15% des effectifs.

►Écouter aussi : Rendez-nous nos terres, ou quand l'Amérique noire réclame réparation (Grand Reportage)

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