«Il y a erreur, j’ai déjà mon bac !» : des années après, ils en font encore des cauchemars

Christel Brigaudeau
Une salle d’examen, une copie blanche et un sujet à rendre d’ici trois heures : certains revivent régulièrement les épreuves du baccalauréat dans leurs cauchemars. (Illustration)

Alors que 750 000 jeunes passent les épreuves cette semaine, des centaines d’adultes rêvent la nuit qu’ils repassent le fameux examen. Un cauchemar classique… très révélateur d’une angoisse de grandir.


C’est à chaque fois le même scénario. Caroline est assise dans la salle d’examen, on lui distribue sa copie et elle s’étonne auprès de l’examinateur, puis des candidats autour d’elle. « Je leur dis, Pardon mais il y a erreur, j’ai déjà mon bac ! Ils ne semblent pas m’entendre, c’est comme si j’étais transparente. Alors je planche… »

Cette maman de trois jeunes enfants et bachelière depuis 22 ans n’est pas la seule à cauchemarder sur l’examen le plus emblématique de France, sur lequel transpirent, pour de vrai, 750 000 candidats cette semaine. Toutes les nuits, l’examen occupe la caboche de nombreux dormeurs, de tous âges.

« Le rêve d’examen, et du bac en particulier, est un archétype. Il est très fréquent, au même titre que les rêves de poursuite, de vol aérien ou de perte des dents », décrypte Tristan Moir, psychanalyste et spécialiste du langage onirique, qui voit dans ce cauchemar l’expression d’un moment de doute. « Il révèle des personnes qui ne se sentent pas légitimes en tant qu’adultes dans certains aspects de leur vie », précise-t-il.

Un archétype qui a même intéressé Freud

Le sujet est vieux comme la psychanalyse : il a intéressé Sigmund Freud lui-même. Le père de la discipline, dans son livre de référence « L’interprétation des rêves », estime que « le rêve d’examen se produit chaque fois que nous sentons la pression d’une responsabilité ».

« Celui qui l’accomplit ramène ses inquiétudes actuelles à une appréhension ancienne déjà surmontée, analyse le psychiatre Samuel Lepastier, dans un article scientifique consacré au sujet. C’est comme s’il se disait : de même que dans le passé j’ai redouté une composition que je devais réussir, je n’ai pas de raison particulière de m’alarmer devant ce qui m’attend ».

Bref, on rêverait surtout du bac… pour mieux savourer, au (...)

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