Eric Zemmour séduit principalement les électeurs de Marine Le Pen et François Fillon

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Eric Zemmour - Joel Saget – AFP
Eric Zemmour - Joel Saget – AFP

Passé de 5% dans les sondages au début de l'été à 16% dans la dernière étude d'opinion Elabe pour BFMTV/L'Express/SFR, le phénomène Éric Zemmour vient de faire l'objet de deux notes pour comprendre qui pourrait voter en faveur de l'essayiste.

Marine Le Pen, principale victime

Premier enseignement des recherches menées par la Fondation Jean Jaurès: le vote pour le polémiste chasse d'abord sur les terres de Marine Le Pen. Près d'un tiers des électeurs (31,4%) qui ont voté pour la candidate lors de la dernière présidentielle se disent prêts à glisser un bulletin dans l'urne pour l'écrivain.

Parmi les votants LR, la tentation a beau être très présente, elle est moins forte. Un quart des Français (23,7%) qui ont voté pour François Fillon en 2017 seraient prêts à se mobiliser en faveur de l'ancien journaliste.

Enfin, sur 100 électeurs qui pourraient voter pour ce dernier, 6 d'entre eux avaient soutenu Nicolas Dupont-Aignan il y a 5 ans.

La droite nationaliste dans son ensemble attire donc désormais les suffrages de plus d’un électeur sur trois.

"Le vote Zemmour incarne plus qu'aucun autre candidat les droites en fusion", estiment ainsi Antoine Bristelle et Tristan Guerra dans les colonnes du Figaro.

Un paysage politique favorable

Ce phénomène s'explique d'abord par la situation à droite. "Cette ascension tient sans doute beaucoup à la capacité à occuper l’espace libéré par l’absence de leadership affectant les électeurs LR – dépourvus de candidat jusqu’au congrès du 4 décembre", estime ainsi François Kraus, le directeur du pôle Politique à l’Ifop, sur le site du droit de vivre-la revue universaliste.

"Les électeurs RN qui rejettent le recentrage opéré par Marine Le Pen peuvent également voir dans l’essayiste un moyen de remplacer une dirigeante qui aurait été probablement évincée après son échec de 2017 si le RN avait été un parti 'démocratique'', estime encore le sondeur qui vient de publier Sociologie du zemmourisme.

L'ancien éditorialiste chasse d'ailleurs largement moins bien sur les terres macronistes et mélenchonistes. Seuls respectivement 5,6% et 5,8% des électeurs du président de la République et de l'insoumis en 2017 envisagent de voter pour l'ex-chroniqueur.

Le candidat putatif pourrait cependant parvenir à mobiliser l'électorat absentionniste. 19% des personnes interrogées qui ne sont pas rendues aux urnes pourraient se déplacer en sa faveur.

Entre électorat aisé et ouvriers plus compliqués à convaincre

Autre enseignement des travaux de l'IFOP: la sociologie des potentiels électeurs du polémiste alors que ce dernier ne cesse de vouloir faire "l'alliance entre la bourgeoisie patriote et les classes populaires".

Parmi les soutiens de Marine Le Pen en 2017 susceptibles de voter pour lui, 36% appartiennent aux classes socioprofessionnelles supérieures et seulement 18% sont des ouvriers. Le phénomène est l'exact inverse parmi l'électorat filloniste. Éric Zemmour surmobilise les personnes les moins diplômées (29%) tout en mobilisant moins parmi les plus aisées (23%).

"Il se nourrit de la frange la plus populaire de l'électorat de droite classique et de la fraction la plus aisée de l'électorat lepéniste, ce qui s'explique par son positionnement plus libéral sur les questions économiques", décrypte François Kraus dans sa note.

Une candidature qui change la mobilisation des électeurs

Enfin, la présence ou non de la candidature du polémiste sur la ligne de départ, jouera un rôle sur la mobilisation électorale générale, y compris donc parmi les électeurs qui n'ont pas l'intention de voter pour lui.

Le taux de personnes certaines d'aller voter passerait de 71% sans bulletin Zemmour à 73% s'il était présent dans le cas où Xavier Bertrand serait le candidat des LR. Un score loin d'être marginal mais qui n'indique pas forcément si cela serait une bonne nouvelle ou non pour l'essayiste.

Sa qualification pour le premier tour pourrait mobiliser largement dans une logique de "tout sauf Zemmour". Sa candidature chamboule-tout pourrait également faire revenir aux urnes des citoyens qui se seraient abstenus dans une autre configuration.

Article original publié sur BFMTV.com

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