Eric Anceau: « Un certain nombre de nos hauts fonctionnaires ont été défaillants pendant le grand confinement »

Rebecca Fitoussi
·2 min de lecture

Les Français et leurs élites : Une histoire de la défiance ? Entretien avec Éric Anceau, historien.

Des élèves de Polytechnique vont en immersion dans un lycée en Essonne. Cela crée du lien et peut donner envie à des élèves issus de quartiers défavorisés de faire partie de l’élite. Est-ce comme cela qu’on peut briser la fracture entre les élites et le peuple ?

Effectivement, je trouve que c’est une très belle initiative. C’est vraiment gagnant-gagnant. D’une part, parce que ça montre à nos élites, le peuple. Tout l’objet de mon livre est de montrer la défiance profonde sur trois siècles entre ce peuple et ses élites qui s’est encore accrue ces derniers temps. Donc, les polytechniciens voient comment on fonctionne dans un lycée de banlieue. Et puis, d’un autre côté, cela peut permettre à nos jeunes d’éviter d’être méfiants vis-à-vis de ces élites. Cela peut les ouvrir à de nouvelles professions, des professions auxquelles peut-être, ils n’auraient jamais pu songer. Et pourquoi pas de futurs polytechniciens parmi eux ?

Cette défiance vis-à-vis des élites a augmenté depuis quelque temps, environ deux ou trois ans. Les Gilets Jaunes ont-ils été le paroxysme de cette défiance vis-à-vis des élites ?

Les relations entre le peuple et ses élites, c’est une forme de sinusoïde. Il y a des moments de confiance, mais ils sont très peu nombreux dans notre histoire. Sur trois siècles, des moments de défiance à la sinusoïde tendent vers le haut. Vous dites deux ou trois ans ? J’aurais tendance à dire que l’on assiste depuis une trentaine d’années à une véritable défiance. Depuis Jacques Chirac qui avait été réélu, aucun de nos présidents de la République depuis Nicolas Sarkozy n’a réussi à faire un deuxième mandat. Il est vrai que depuis trois ans, les choses se sont encore dégradées. On a eu le mouvement des Gilets Jaunes, on a eu la crise de la réforme des retraites et on a la colère qu’on sent monter du pays par rapport à la gestion de la pandémie actuelle.

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