Erdogan reverra "de A à Z" les liens avec l'UE après le 16 avril

La Turquie reverra tous les liens politiques et administratifs avec l'Union européenne après le référendum du 16 avril, y compris l'accord sur les migrants, mais maintiendra ses relations économiques avec le bloc, a déclaré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan. /Photo prise le 19 mars 2017/REUTERS/Murad Sezer

ISTANBUL (Reuters) - La Turquie reverra tous les liens politiques et administratifs avec l'Union européenne après le référendum du 16 avril, y compris l'accord sur les migrants, mais maintiendra ses relations économiques avec le bloc, a déclaré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans une interview accordée à la chaîne CNN Turk, le chef de l'Etat a affirmé que tout serait revu "de A à Z" après le vote sur la réforme constitutionnelle destinée à renforcer les pouvoirs présidentiels.

Les relations entre Ankara et l'Union européenne sont particulièrement tendues depuis que deux pays membres, Allemagne et Pays-Bas, ont annulé plusieurs réunions publiques sur leur territoire où devaient intervenir des ministres turcs dans le cadre de leur campagne en faveur du référendum.

Erdogan a plusieurs fois accusé les deux pays de "pratiques nazies", s'attirant les foudres de Berlin et Amsterdam.

Revenant sur ces comparaisons, Recep Tayyip Erdogan n'a affiché aucun regret jeudi. "Ça vous trouble que nous disions que c'est du fascisme, du nazisme, mais ce que vous faites entre dans cette définition", a déclaré le président turc.

Sur CNN Turk, Recep Tayyip Erdogan a également démenti tout projet de se rendre en Allemagne avant le 16 avril, contrairement à ce qu'avaient laissé entendre certains médias.

Le président turc, qui compte beaucoup sur le vote de la diaspora lors du référendum, accuse les pays européens d'autoriser les événements en faveur du "non" tout en interdisant la venue de ses ministres.

Il s'est ainsi attiré les critiques du président bulgare Roumen Radev en accusant la Bulgarie de "faire pression" sur les Turcs expatriés en Bulgarie, dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Sofia.

"La Bulgarie ne donne pas de leçons de démocratie, mais n'accepte pas d'en recevoir, en particulier de la part de pays qui ne respectent pas l'Etat de droit", a dit le chef de l'Etat bulgare.

La semaine dernière, le gouvernement bulgare a convoqué l'ambassadeur de Turquie à Sofia et rappelé son propre ambassadeur à Ankara pour consultations, "afin de prévenir toute tentative de la Turquie d'influencer" les élections législatives anticipées programmées dimanche en Bulgarie.

La Bulgarie a également expulsé un ressortissant turc et a interdit à deux autres d'entrer sur son territoire, à la suite d'informations selon lesquelles un ministre turc aurait fait campagne pour le parti bulgare DOST, qui représente les Trucs de Bulgarie, la plus importante minorité ethnique du pays, estimée à quelque 500.000 personnes.

(Ece Toksabay; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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