Erdogan menace d'envoyer 3,6 millions de migrants en réponse aux critiques européennes

Le HuffPost avec AFP
Face aux critiques, Erdogan menace d'envoyer 3,6 millions de migrants en Europe (photo prise le 10 octobre à Ankara)

TURQUIE - “Nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants.” Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé ce jeudi 10 octobre de laisser passer des millions de réfugiés vers l’Europe en réponse aux critiques contre l’offensive turque en cours dans le nord-est de la Syrie.

″Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants”, a déclaré le président lors d’un discours à Ankara. Le flux de migrants depuis la Turquie vers l’Europe s’est considérablement tari à la faveur d’un accord conclu en 2016 entre Ankara et l’UE.

Les pays européens ont vivement critiqué l’opération lancée la veille par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde, les YPG, considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par les Occidentaux car elle constitue le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique.

“Vous n’avez jamais été sincères. À présent ils disent qu’ils vont bloquer trois milliards d’euros (promis à la Turquie dans le cadre de l’accord migratoire). Avez-vous jamais respecté une promesse qui nous a été faite ? Non”, a encore martelé Recep Tayyip Erdogan. “Avec l’aide de Dieu, nous poursuivrons notre chemin, mais nous ouvrirons les portes” aux migrants, a-t-il ajouté.

En parallèle de ces propos au vitriol, le président turc s’est cependant efforcé de rassurer sur un autre point qui inquiète les Occidentaux, Européens en tête: le sort des membres étrangers de l’EI actuellement détenus par les forces kurdes.

“Nous ferons ce qui est nécessaire avec les prisonniers de l’EI”

Mercredi, le porte-parole de Erdogan avait appelé les pays européens à “reprendre” leurs ressortissants, ce que ceux-ci sont peu enclins à faire. Le lendemain, le président s’est montré plus rassurant : “Nous ferons ce qui est nécessaire avec les prisonniers de l’EI (...) Ceux qui doivent rester en prison,...

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