Erdogan espère l'"encerclement" total d'Afrine mercredi et non pas sa "chute" (présidence)

Afrine, encerclée par les forces armées turques et syriennes, situation au 13 mars

Ankara (AFP) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan espère que le bastion kurde syrien d'Afrine sera "totalement encerclé" d'ici mercredi soir, a indiqué une source présidentielle, clarifiant des propos du chef de l'Etat espérant la chute de cette ville.

M. Erdogan, qui avait déclaré mercredi "j'espère, si Dieu le veut, qu'Afrine sera complètement tombé d'ici ce soir", a en fait voulu dire qu'il espérait que "l'encerclement (d'Afrine) serait totalement achevé d'ici ce (mercredi) soir", a indiqué la source présidentielle dans un message adressé aux médias.

"Il semble que le président (...) Erdogan rêve éveillé en parlant d'une chute d'Afrine ce (mercredi) soir", avait immédiatement réagi Redur Khalil, un porte-parole des YPG, après la première déclaration du chef de l'Etat turc.

La Turquie a lancé le 20 janvier avec des rebelles supplétifs syriens une vaste offensive dans l'enclave kurde d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), considérées par Ankara comme un groupe "terroriste" mais alliées de Washington dans la lutte antijihadiste.

L'armée turque a déjà annoncé mardi avoir encerclé la ville d'Afrine. Un porte-parole des YPG, Birusk Hasakeh, présent dans Afrine, a nié que la ville soit entièrement assiégée mais a déclaré que le dernier accès permettant d'en sortir était la cible de violents bombardements.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a indiqué mercredi que dix combattants pro-régime ont été tués par des frappes aériennes turques visant un barrage de contrôle qui se trouve sur l'unique route reliant Afrine au territoire adjacent sous contrôle du régime de Bachar al-Assad.

"Les routes utilisées à l'Est par les terroristes pour entrer et sortir de la région seront fermées aujourd'hui ou demain, si Dieu le veut", a ajouté M. Erdogan.

Le président turc a en outre réitéré qu'après Afrine, la Turquie "nettoiera" les autres villes tenues par les YPG dans le nord de la Syrie, dont Minbej où sont également postés des soldats américains.

Il a également évoqué une possible incursion dans le nord de l'Irak, où le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection armée en Turquie depuis 1984, dispose de bases arrières.

"Nous fouillons à chaque occasion les nids des terroristes dans le nord de l'Irak", a déclaré M. Erdogan. "Bientôt, nous frapperons les terroristes qui sont là-bas de façon beaucoup plus forte."